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L'enfant en Islam
Sommaire:
Introduction
Dans tout consortium, l'enfant tient une place fondamentale. Il est la continuation, le futur d'une société ou
d'une communauté.
En Islam, la place de l'enfant et de son éducation est très importante puisque c'est lui qui permettra la
transmission du message islamique. Ainsi, en Islam l'éducation d'un enfant a un aspect très important puisqu'elle est le fondement, la base sur laquelle la communauté va se reposer pour se
constituer et se reconstituer en n'oubliant pas de transmettre les valeurs et les principes pour les générations à venir.
En Islam la dimension spirituelle de l'enfant tient aussi une place très sérieuse car elle lui permet de prendre conscience de sa vulnérabilité et fragilité
en tant que créature face au créateur..
Ainsi, dans cet article, il s'agira non seulement de traiter de l'éducation de l'enfant en Islam en lui
transmettant les valeurs islamiques mais aussi de montrer que l'enfant est très précieux en Islam et ce pour plusieurs raisons qui seront développés.
Pour mieux percevoir la place que l'Islam a donné à l'enfant, l'on commencera par traiter de la place de l'enfant dans les temps de l'ignorance ( période pré-islamique) ou «Jahiliya» en arabe.
L'enfant et la période
pré-islamique
Avant l'avènement de l'Islam, le peuple arabe était un peuple inculte et rude la vie morale était
pratiquement méconnue. Ainsi concernant les enfants, beaucoup de polythéistes enterraient vivants leurs nouveaux-nés et plus particulièrement les enfants illégitimes et les filles aux noms de
leurs Dieux disaient-ils. Ceci constituaient pour eux une sorte de déshonneur . Ainsi, l'infanticide était une pratique courante dans la période pré-islamique comme il est dit dans ce verset
coranique.
«Ainsi les dieux de nombreux polythéistes leur ont fait croire qu’il était bon de tuer leurs enfants. C’était dans le but de les
faire périr eux-mêmes et de couvrir leur religion d’obscurité. Ils ne l'auraient pas fait, si Allah l’avait voulu. Laisse-les Ô Mohamed à ce qu’ils ont inventé»
[ Sourate 6 - Verset 137 ]
Un autre verset coranique démontre aussi le mépris qu’avaient les Arabes païens pour leurs filles :
« Lorsqu’on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son visage s’assombrit, il suffoque, il se
tient à l’écart, loin des gens, à cause du malheur qui lui a été annoncé. Va-t-il conserver cette enfant, malgré sa honte, ou bien l'enfouira-t-il dans la poussière ? Leur jugement n’est t-il pas
détestable.» [ Sourate 16 - Versets 57 à 59]
Ainsi ces différents versets « aya »que l'on remarque à plusieurs emplacements dans le Coran montre que l'Islam
condamne fortement la mauvaise conduite envers les enfants. C'est ce qu'il s'agira d'étudier plus précisément dans la partie qui suit.
Quelle valeur de l'enfant en Islam?
Contrairement aux mœurs des pratiques des temps de l'ignorance, l'Islam interdit fermement les pratiques de l'infanticide et de l'avortement (il y a
néanmoins certaines exceptions pour ce dernier cas, nous le verrons plus bas).
Les enfants illégitimes ne peuvent, certes pas être reconnus mais étant donné qu'ils sont juridiquement libres,
ils peuvent être recueillis par la communauté musulmane qui les adoptera.
C'est une solution proposée et qui s'oppose fermement aux pratiques et mœurs pré-islamiques.
Les versets interdisant le meurtre d'enfants son très clairs et explicites.
«Accablés par l’indigence, ne tuez point vos enfants. Nous vous donnerons de la nourriture pour vous et pour eux.» [ Sourate 6 - Verset 151 ]
Ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. Leur meurtre serait une énorme faute. } [ Sourate 17 -
Verset 31 ]
L’avortement (au cas par cas)
et l’infanticide
Le sens de « tuer » est à prendre au sens large ; il vaut aussi bien pour le meurtre d’un enfant déjà né, que pour
un fœtus.
En effet, l’islam, considère que le fœtus est un être qui vit, car il a été insufflé du souffle divin, appelé communément l’âme, et seul Allah peut disposer des âmes.
Dans les cinq piliers de l’islam, cheikh Sadek Mohammed Charef nous livre l’explication suivante : « Ni le père ni la mère n’ont le droit d’attenter à la vie
du fœtus, c’est pour cela que l’avortement provoqué est interdit en islam, excepté dans les cas de nécessité impérieuse, lorsqu’il est prouvé par exemple que la vie de la mère et en réel danger
si l’on ne met pas fin à la grossesse."
Dans un certain nombre de Hadiths authentiques (traditions de faits, gestes et paroles du prophète Mohammed) où
sont détaillés les différentes étapes du développement embryonnaire, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) affirme que l'âme est insufflée ("nafkh our roûh") dans le fœtus au terme
du quatrième mois de grossesse (120 jours).
C'est justement en raison de ce genre de Hadiths que les savants
musulmans considèrent unanimement que, passé la limite de quatre mois (120 jours), l'avortement est strictement interdit. Avorter dans un tel cas de figure est considéré comme étant un
acte d'infanticide et est assimilé à un crime en Islam. Cependant, si le fait de conserver ce fœtus met la vie de la mère en danger, et qu'il ne soit pas possible de la sauver sans le retirer,
dans ce cas, certains oulémas affirment que l'avortement est toléré, même si la vie a déjà été insufflée, en vertu de la règle en Islam, qui veut que, lorsqu'on est obligé de choisir entre deux
maux, on doit opter pour le moindre des deux. Dans ce cas précis, il est évident que la mort de la mère est une perte beaucoup plus grande que celle du fœtus. Qui de plus est, la vie de la mère
est une réalité, alors que la naissance du futur enfant n'est encore, à ce stade, qu'espérée... (Réf: "Fatâwa
Mou'âsirah" - Volume 2 / Page 547; il est à noter que certains savants ont interdit l'avortement même dans ce cas... C'est ce qui est mentionné dans les références hanafites suivantes: "Al Bahr
oul Râïq" - Volume 8 / Page 233 et "Fatâwa Qâdhi Khân" - Volume 4 / Page 385.)
Les raisons valables pour un avortement peuvent être de deux types:
L’enfant : «la parure de
ce bas-monde»
L'Islam considère que les enfants qu'ils soient des filles ou des garçons sont des richesses de la part de Dieu
ainsi qu'un don de Dieu dont il faut prendre le plus grand soin. C'est pour cette raison que Dieu interdit aussi l'infanticide ou l'avortement. Il est du devoir des parents d'avoir une bonne
conduite envers les enfants. C'est grâce à l'exemple de l'interdiction de meurtre d'enfant que l'on comprend que comme n'importe quel don de Dieu, l'enfant doit aussi être bien traité.
Ainsi, Dieu nous dit que les enfants sont «des éléments de bonheur de ce bas-monde» C'est pour cette raison que le Coran allie très souvent le terme d'enfants à celui de richesses ou bien il
l'assimile «à de choses excellentes»
«Allah vous a donné des épouses nées parmi vous, de vos épouses, Il vous a donné des enfants et des petits-enfants ; Il vous a
accordé des choses excellentes...» [ Sourate 16 - Verset 72 ]
{ Les richesses et les enfants sont la parure de la vie de ce monde, mais les bonnes actions
impérissables recevront une récompense meilleure auprès de ton Seigneur et elles suscitent un meilleur espoir }
[ Sourate 18 - Verset 4 ]
Ainsi, il est explicitement dit dans le Coran que les enfants ont une valeur particulière aux yeux de Dieu. C'est un don et une richesse de Sa part. Ses créatures doivent donc en prendre le plus
grand soin.
Cependant, dans un autre verset, nous trouvons au sujet des enfants et de la famille:
{ Sachez que vos biens et vos enfants constituent pour vous une tentation, mais qu'une récompense sans limites se trouve auprès d'Allah } [ Sourate 8 - Verset 28
]
Tout en signalant que les enfants et la famille sont une richesse et un don de la part de Dieu et qu'il faut en
prendre le plus grand soin, en effet, Dieu dit qu'ils ne doivent cependant pas provoquer chez les parents un amour excessif qui pourraient leur faire aimer leurs enfants et leurs biens plus
qu'Allah. Il faut toujours avoir à l'esprit de remercier Dieu pour les biens qu'Il donne à ses créatures et leur valeur très précieuse mais ceci ne doit pas faire oublier Dieu.
C'est ainsi que l'on retrouve le juste milieu dans ces versets « Vos biens et vos enfants sont la parure de la vie de ce
bas-monde» et « Vos biens et vos enfants constituent pour vous une tentation».
Ces versets sont donc là pour signaler qu'il nous faut de trouver le juste milieu : dans le même temps que les êtres humains ressentent une certaine jouissance par rapport aux
biens que Dieu leur donne, ils se doivent de le remercier et de ne pas l'oublier. Ne pas oublier que ces
biens viennent de Dieu. Il faut savoir concilier le bonheur de ce bas-monde grâce aux biens que Dieu nous donne et ceci ne devrait pas nous faire oublier Dieu mais au contraire le
remercier et le glorifier.
C'est dans un sens que les biens et enfants sont «la parure de ce bas-monde» et en tant que dons de Dieu, l'on se doit d'en prendre soin et il est tout à fait normal et même important
d'en ressentir du bonheur car ceci indiquerait que l'on se rend compte de la bonté de Dieu et de sa générosité mais il ne faut pas oublier que ces dons viennent de Dieu et le remercier. Un
bonheur trop excessif ou un amour trop excessif pour ses biens ou ses enfants pourraient nous faire oublier l'amour de Dieu. C'est le sens de «Les biens et les enfants constituent pour vous une tentation» Ainsi, une très grande corrélation existe entre le bonheur que l'on peut
ressentir dans ce bas-monde et l'amour et le rappel de Dieu qui doit être permanent. Le bonheur ressenti (notamment grâce aux biens que Dieu donne ) doit nous permettre de remercier et de faire
le rappel de Dieu de manière permanente et non de l'oublier. C'est ainsi que dans ses versets, Dieu met en évidence le juste milieu vis à vis des biens et des enfants.
Pourvoir aux besoins de
l'enfant et de la famille
Avant de parler de l'éducation, il est un devoir pour les parents de bien traiter leurs enfants
dans un premier temps, au niveau financier et matériel. Il est dans le Coran des versets qui font directement allusion à l'enfant. Ces versets énoncent les principes généraux de protection,
d'assistance et de direction en vue d'assurer à l'être humain, un développement normal, la santé morale et physique, de pourvoir à ses besoins naturels, pendant son stade de faiblesse,
d'incapacité de discernement. Le Coran indique donc qu'il est du devoir des parents de bien traiter son enfant lorsqu'il est dans ce stade de faiblesse.
{ Abraham dit : « Mon Seigneur ! Fais de cette cité un asile sûr. Préserve-nous, moi et mes enfants d'adorer les idoles} [ Sourate 14 - Verset 35 ]
{ Dis : Venez, et je dirai ce que votre Seigneur a interdit : Ne lui associez rien ; soyez bons envers vos parents ; ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. Nous vous
accorderons votre subsistance avec la leur : éloignez-vous des péchés abominables, apparents ou cachés ; ne tuez personne injustement ; Allah vous l'a interdit } [ Sourate 6 - Verset 151 ]
{ Ne tuez point vos enfants par crainte de pauvreté ; Nous leur accorderons leur subsistance
avec la vôtre. Leur meurtre serait une énorme faute. } [ Sourate 17 - Verset 31 ]
Il est aussi des versets dans le Coran qui fixent particulièrement les devoirs et les droits du père et de la mère, vis à vis
de l'épouse enceinte et de celle qui allaite.
{Les mères qui veulent donner à leurs enfants un allaitement complet, les allaiteront deux années entières ). Le père doit assurer
leur nourriture et leurs vêtements conformément à l'usage. Mais chacun n'est tenu à cela, que dans la mesure de ses moyens. La mère n'a pas à subir de dommage, à cause de son enfant, ni le père à
cause de son enfant. Les mêmes obligations incombent à l'héritier. Si, d'un commun accord, les parents veulent sevrer leurs enfants, aucune faute ne leur sera reprochée. Si vous désirez mettre
vos enfants en nourrice, aucune faute ne vous sera reprochées, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l'usage. Craignez Allah ! Sachez qu'Allah voit parfaitement
ce que vous faites } [ Sourate 2 - Verset 233 ]
{Si elles (les femmes répudiées) sont enceintes, pourvoyez à leurs besoins jusqu'au moment de leur accouchement. Si elles
allaitent l'enfant né de vous, versez-leur une pension. Mettez-vous d'accord sur ce point d'une manière convenable ; mais si vous rencontrez des difficultés, prenez une nourrice pour l'enfant
...}[ Sourate 65 - Verset 6
]
Ainsi,
ces versets montrent clairement que l'enfant doit être pris en charge de manière correcte.
En parallèle, en Islam, il ne s'agit pas seulement d'éduquer son enfant mais avant tout, il faut aussi bien traiter son enfant.. Une éducation correcte quand l'enfant commence à grandir relève
d'une certaine solidarité et entente dans la famille. La manière dont on traite un enfant, l'entente qui existe au sein de la famille permettra à l'enfant d'avoir une bonne éducation. C'est pour
cela que nous parlons d'abord de la manière dont l'enfant doit être traité en Islam avant l'éducation en soi mais les deux sont liés et le lien entre les
deux est très important.
Bien traiter son enfant pour
bien l'éduquer.
Les parties qui viennent d'être évoquées montrent clairement que le Coran a donné une place
particulière à l'enfant, il est clair qu'il est du devoir des parents de bien le traiter. C'est ce que les versets précédents ont montré. Une démonstration affective, une entente et une
solidarité dans le couple et la famille reste très importante pour renforcer la psychologie de l'enfant.
Tout comme le Coran, le prophète a su donner énormément d'amour à ses enfants et à ses proches. Bien traiter son enfant en Islam est très important pour
l'éducation que l'on lui donnera mais c'est aussi une certaine forme de remerciement quant à ce que Dieu a donné à ses créatures. Ainsi, bien traiter son enfant en Islam
résulterait d'un effort «jihad», c'est prendre soin de ce que Dieu nous a confié tout comme n'importe quel bien que le musulman doit utiliser de la plus belle manière. L' objectif est donc de
démontrer, non pas qu’il faille au bonheur de l’enfant une quantité non négligeable d’attention, d’affection et d’amour, car cela est un fait établi, mais que l’islam partage largement ce point
de vue, et qu’il dénonce l’indifférence, la négligence ou le manque de sentiment vis à vis des enfants, en général.
Une démonstration
affective.
La pensée islamique établit un fondement qu’elle rend légitime bien qu’évident, en ce qui concerne l’enfant : ce
dernier qu’il soit fille ou garçon, est en droit de recevoir de l’amour, de l’affection de la part de son entourage pour que son épanouissement soit effectif.
1) Importance de la démonstration d’amour et d’affection
Beaucoup de hadith abondent pour finalement souligner quelques faits témoignant de la vie de l’époque ; les Arabes n’étaient pas de « grands sentimentaux », puisqu’ils se cachaient de l’affection
qu’ils pouvaient éprouver vis à vis de leurs enfants, et s’étonnaient ouvertement des élans d’attention et d’amour que le Prophète Mohamed manifestait à l’égard de ses enfants, en particulier, et
des enfants, en général.
En voici quelques exemples pour le moins évocateur :
Abou Houreïra a dit :
« L’Envoyé de Dieu embrassait El Hassan ben ‘Ali (son petit-fils), en la présence de El Aqra ben H’abis et Tamimi qui étaient là assis. Ce dernier observa alors : « Certes, j’ai dix
enfants, et je n’en ais jamais embrassé un seul. » Là dessus, Le très saint Prophète le regarda, puis dit : « Qui n’est pas compatissant ne sera pas traité avec compassion » [ Rapporté par El
Bokhari ]
La mère des Croyants, Aïcha raconta :
" Un jour, un bédouin vint trouver le Prophète et lui dit : « Vous embrassez vos enfants ? » Le Prophète répondit : « Que puis-je pour toi, si Dieu a ôté de ton cœur la tendresse ! »
[ Rapporté par El Bokhari ]
« Tabit rapporte, d’après Anas, que le Prophète prit Ibrahim *, l’embrassa et le caressa."
*Note : A Médine, le Prophète a eu un fils, Ibrahim, qui mourut avant l’âge de
deux ans.
« Abou Qatada a dit :
« Le Prophète vint vers nous, portant sur son épaule Omama bent Aboul’l-As. Il fit la prière et chaque fois qu’il se prosternait il déposait l’enfant à terre et la reprenait chaque
fois qu’il se relevait » [ Rapporté par El Bokhari ]
« Ibn Abou-N’om a dit :
« (…) J’ai entendu le Prophète dire que (ses) enfants étaient ses deux joies (*) dans ce monde » [ (*) traduction originale : « mes deux plantes parfumées »
]
Osama ben Zeid rapporte ceci :
« L’envoyé de Dieu me prenait sur l’un de ses genoux et faisait asseoir El Hassan sur l’autre ; puis il nous pressait contre lui en disant : « O mon Dieu ! Sois-leur bienveillant car
je les aime beaucoup. »
Enfin, rapportons ce dernier hadith, qui met en exergue une relation éducative centrée sur le jeu : Abd Allah Ibn Al Harith a raconté :
" Le Messager de Dieu faisait s’aligner Abd Allah et Khathir, les fils de Abas, et leur disait : «
Celui qui arrivera à moi le premier aura ceci et cela ! » Il accouraient vers lui et se jetaient sur son dos et sa poitrine, et lui, ils les embrassait et les serrait contre lui » [ Rapporté par
Hanbal ]
2) Importance de la
bienveillance
Il est important de manifester de l'intérêt à son enfant, tant pour leur éducation, en le soignant, que pour leur
personne, qui reste non moins importante du fait de leur petit âge.
Le Prophète lui-même a dit :
« Honorez vos enfants et soignez bien leur éducation ! »
Ici le terme a une double signification : on peut avant tout lui donner les synonymes tels que « respectez » ou « valorisez.
L’islam considère l’enfant au même titre que l’adulte,
quand il s’agit du respect à lui accorder. Ce point de vue part du principe que l’enfant est sensible et réceptif à l’attention qu’on lui accorde, aux avis qu’on lui demande, le négliger
serait faire preuve d’indifférence à son égard, et reconnaître implicitement son non-existence, alors que le saluer, communiquer avec lui, lui fait prendre conscience qu’il est une personne digne
de respect, à part entière.
D’autre part, on peut supposer qu’une action provoque une réaction, dans le sens où donner de la considération à l’enfant suppose indéniablement qu’en retour il respecte ses aînés, c’est ici même
que l’on retrouve le principe de l’exemple.
Des hadith nous montrent qu’à l’époque, le Prophète Mohamed n’hésitait pas à traverser la rue, expressément pour aller saluer des enfants :
« Tabit El Bonani rapporte que Anas Ibn Malik passant auprès d’enfants les salua en disant que le Prophète agissait ainsi » [ Rapporté par El Bokhari
]
Dans un même registre, un
autre récit nous est parvenu, évoquant le respect avec lequel le Prophète considérait les enfants :
Sahl Ibn S’ad a rapporté que l’on avait apporté à boire au Messager de Dieu , et qu’il avait alors bu. A sa droite, il y avait un enfant et, à sa gauche, des hommes âgés. Il avait
alors demandé à l’enfant :
- Me permets-tu de servir ceux-là ?
A quoi l’enfant avait répondu :
- Oh ! Certes non, par Dieu ! Quand il s’agit de toi, je ne céderai ma priorité à personne !
Alors le Messager de Dieu lui avait remis la coupe en main »
3)
Importance de l’équité dans la relation éducative
On pourrait dire
que le principe d’équité représente le noyau dure de la pensée islamique, car il est le fondement même sur lequel repose la relation à l’autre, par conséquent « l’islam ordonne aux musulmans
d’être justes et équitables en parole, en actes et en jugements.» (cité par Cheikh Sadek Mohammed Charaf.) Bien entendu, la relation éducative n’échappe pas à ce principe, et nous nous
rattacherons à ces paroles prophétiques pour le confirmer :
« Les justes seront
auprès d’Allah, sur des trônes de lumière. Ce sont les personnes équitables dans les jugements qu’ils rendent, qui sont impartiaux dans leur famille, et envers ceux qui dépendent d’eux » [
Rapporté par Moslem ]
L’islam a prescrit aussi la justice envers les enfants. Dans le hadith, on lit : « Craignez Allah et soyez justes envers vos enfants. »
On peut également remarquer l’insistance avec laquelle s’est exprimé le Prophète Mohamed pour inciter à la pratique de l’équité ceux qui ont à leur charge l’éducation d’enfants
(qu’ils soient parents, ou professeurs. )
« Soyez équitables envers vos enfants !
Soyez équitables envers vos enfants !
Soyez équitables envers vos enfants ! «
Mais que signifie explicitement « Soyez équitables envers vos enfants !
» ?
Hassan Amdouni (auteur du livre «La famille musulmane» ) répond à cette question en disant :« Il s’agit d’être
équitable en ce qui concerne l’affection qu’on leur porte, les cadeaux et les récompenses qu’on leur donne, le temps que l’on consacre à chacun, ainsi qu’en matière d’entretien (nourriture,
vêtements…) »
L’auteur ajoute que : « Si les parents manquent d’équité envers leurs enfants et en favorisent certains au détriment d’autres, ils inspireront de la rancœur
et de la jalousie dans le cœur des autres enfants, vis à vis de l’enfant (ou des enfants) pour lequel les parents montrent une préférence. »
D’une manière générale, nous pouvons affirmer qu’un enfant négligé affectivement se sent dévalorisé et ne peut développer sa personnalité harmonieusement.
A travers un récit connu sous le nom de « Joseph », Yousouf (sur lui la paix), le Coran fait également allusion aux répercussions néfastes issues de la préférence affectueuse d’un père pour ses
plus jeunes fils au détriment des autres. C’est ainsi qu’il est dit dans la sourate Joseph :
"Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des exhortations pour ceux qui interrogent, quand ceux-ci dirent: «Joseph et son
frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort . Notre père est vraiment dans un tort évident. Tuez Joseph ou bien éloignez-le dans n’importe quel pays,
afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien "
[ Sourate 12 - Verset 7 à 9 ]
D'après la conception islamique, la relation éducative est inscrite sous les principes de respect et d’affection en vue de son épanouissement.
Toujours d’après la pensée islamique, ces principes de respect et d’affection doivent être appliqués dès la conception de l’enfant, et doivent se poursuivre lors de sa naissance ; maintes règles
de bienséance sont exhortées pour sa venue au monde, pour sa nomination, visant à le valoriser. Dans cet esprit, les textes saints soulignent également l’importance des bonnes relations qui
doivent être établies particulièrement avec les enfant-filles et les orphelins.
Ainsi, l'on peut évoquer le cadre familial en soulignant qu’en terme d’épanouissement de l’enfant, on retrouve dans les textes une exhortation à la bonne entente dans le couple, car c’est à
travers lui que l’enfant s’identifiera.
La
discipline
Pour ce qui
concerne la discipline, l’islam y met un point d’honneur ; son but est de modeler l’âme de l’enfant pour qu’il se soumette aux préceptes divins dès le bas-âge. En effet, en obéissant à ces
préceptes, via ses parents, sa vie individuelle, sa vie sociale, ainsi que sa vie religieuse seront menées à bien.
Ceci explique la fermeté avec laquelle la discipline doit être établie, mais on recommande également la douceur, l’indulgence, l’amour, la bienveillance et l’équité à l’égard de l’enfant ; En
guise de transition, rapportons seulement ces quelques paroles de notre bien aimé Prophète Mohamed :
« N’est point un de nous celui qui n’a pas pitié des petits parmi nous, et qui n’a pas d’égards pour les plus âgés parmi nous » [ Rapporté par Abou Daoud ]
« Celui qui ne respecte pas les droits de nos vieillards, qui n’est pas bienveillant envers nos enfants, et qui ignore nos savants, nous ne le reconnaissons pas comme l’un des nôtres.
»
Harmonie familiale : source de
l’équilibre psychologique de l’enfant
1) Un principe élémentaire : l’entente du
couple
En nous
penchant sur les textes saints de la religion musulmane, on remarque l'abondance des hadith et des versets coraniques régissant les relations dans le couple et incitant donc, à la bonne entente,
et à l'harmonie familiale. C'est en effet, de cette harmonie familiale que dépendra l'équilibre psychologique de l'enfant. Ainsi si une incompatibilité profonde se manifestait entre le père et la
mère de l'enfant, ce dernier s'en trouverait atteint, et pour cause, il est le témoin direct visuel et affectif des bonnes ou des mauvaises relations qu'entretiennent ses parents. En définitive,
il est un devoir des parents musulmans de s'accorder mutuellement, et d'introduire l'affection et la sérénité dans le cercle familial, et il est un droit de l'enfant de ressentir cette paix
extérieure et de l'intérioriser. Le Coran se prononce ainsi :
{ C'est un des signes divins que de vous avoir donné des compagnes tirées de vous-mêmes, pour que vous éprouviez la paix auprès
d'elles, et d'avoir établi entre vous affection et tendresse } [Sourate 30 - Verset 21 ]
Sous cette même optique, l'islam permet le divorce (après maintes tentatives de réconciliations établies clairement par le Coran), mais déclare à travers le Prophète : " De toutes les
choses qu'Il a permises, il n'y en a pas de plus détestée pour Allah que le divorce " Car ceci représente, bien évidemment, un échec pour le couple, et une atteinte psychologique
pour les enfants.
Comment les textes saints ont-ils instauré cette entente ?
Et bien, en définissant les responsabilités de chacun des membres du couple à travers des règles bien précises : et selon la pensée islamique, toutes ces règles sont absolues et immuables, car
émanant d'Allah .
Elles ne peuvent en conséquence, ni être remises en question, ni être contestées par l'une ou l'autre partie, chacun devra s'y soumettre en toute bonne foi, pour que règne justement cette
harmonie familiale. Voici un échantillon de ces règles selon les textes. Le Prophète a mentionné à chacun ses droits en disant :
" Vous avez des droits sur vos femmes et elles ont les leurs sur vous. Quelques-uns de ces droits sont communs, d'autres sont particuliers à chacun d'eux. "
Parmi ces droits communs, on citera la fidélité, la sincérité, l'amour, la confiance réciproque (...) les civilités usuelles, qui comprennent la sérénité du visage, la douce parole, la
bienveillance, le respect.
" L'union conjugale ne fait que consolider et affermir la fraternité basée sur la foi. Chacun des deux époux considère l'autre comme une partie de lui-même
" souligne Abou Baker Jaber Al Djazaïri.
Hassan Amdouni ajoute " qu'homme et femme ont donc une même responsabilité en matière de piété ; mais Allah les a crées complémentaires : chacun a sur cette
terre, des tâches et des responsabilités prioritaires spécifiques, ce qui n'exclut nullement qu'ils s'entraident ! Lorsqu'ils s'entraident, lorsqu'ils forment un vrai couple, chacun représente
pour l'autre protection, chaleur et intimité". On peu lire dans le Coran :
{ Elles représentent pour vous
un vêtement, et vous en êtes un pour elle (...) } [ Sourate 2 - Verset 187 ]
Dans leur démarche d'entente selon la Loi d'Allah , qui se traduira dans leur comportement, leurs paroles, et leurs gestes, "les membres du couple doivent se recommander les actes jugés licites,
et banniront l'interdit, le blâmable" .
{ Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent
la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage.} [ Sourate 9, verset 71
]
Ceci aura nécessairement pour effet d'éveiller l'esprit de l'enfant, qui s'imprégnera inconsciemment de toutes ces valeurs et qui les fera siennes ; valeurs qui seront naturellement renforcées par une éducation explicite et orale des parents ; c'est donc à ce niveau que s'établissent l'exemplarité et la transmissions des repères dans la relation éducative.
2) Exemplarité et transmissions des repères
L'harmonie familiale
selon la pensée islamique se traduit aussi par une cohérence absolue de la foi à la pratique, des paroles aux actes. Les parents sont, selon un hadith prophétique, les délégués du Prophète auprès
de leurs enfants, leur rôle est donc d'être d'abord assidus à leurs pratique religieuse, qui dépasse le cercle spirituel, puisque cette pratique se retrouve également dans la vie temporelle.
D'autre part, leurs actes doivent être conformes à leurs paroles, dans le sens où une parole qui ne se prolonge pas en fait réel, n'est pas convaincante, quant bien même elle serait vertueuse, et
une parole contredite dans les faits est nullement exemplaire.
C'est de cette manière que l'exemplarité des parents trouve une résonance logique auprès des enfants, qui vont de toute façon intérioriser ces valeurs, et en faire des repères fiables pour
évoluer et construire leur identité, et pour faire face à la vie extérieure ou sociale. Les parents modèlent donc le comportement de leurs enfants en même temps qu'ils sont un modèle pour
eux.
Il y a donc intégration par l'enfant des valeurs et des pratiques prônées et appliquées par les parents, celui-ci va d'abord naturellement calquer son comportement sur celui de ses parents, c'est
la phase de l'imitation. Et c'est précisément à ce stade de développement de l'enfant, que les textes recommandent aux parents d'apporter une attention particulière, car c'est en bas âge que
l'enfant a une aptitude particulière à recevoir les bases de la religion, c'est aussi la phase du modelage de l'âme.
Cependant la construction de l'identité de l'enfant ne va pas se fonder uniquement sur une observation passive du comportement de ses proches, car lui aussi va agir, afin de s'éprouver à travers
l'autorité parentale. Hassan Amdouni affirme que l'enfant "a de façon innée , le sentiment qu'il y a une différence entre le bien et le mal et, parfois,
il tente des expériences, essayant par tel ou tel comportement de voir où se situe la limite entre les deux. C'est pourquoi la présence parentale est primordiale, afin de le guider et de le
rassurer." Si, à ce moment-là, les adultes ne lui sont d'aucun secours et ne lui font pas respecter la frontière entre le comportement permis et celui qui ne l'est pas, l'enfant
va devenir angoissé, ne sachant pas où se situent les limites ."
Ainsi, la foi se vit chez l'enfant d'abord par imitation avant de devenir un choix personnel, mais ce choix personnel doit être orienté de façon habile et intelligible par les parents ; ces
derniers vont contribuer à nourrir le jugement de leur enfant par leur attention, leur affection, leur science (d'où l'importance accordée à toutes les formes de savoirs utiles dans la conception
islamique) ce qui va nécessairement amener l'enfant sur la voie du respect de lui-même, de ses proches, des prophètes, qui constituent pour lui autant d'exemples, et bien sûr du respect de Dieu
.
Conclusion:
Ainsi, c'est toujours dans
un souci de bienveillance et de protection de ce que Dieu a donné à ses créatures que les parents ont pour premier devoir non seulement de bien les traiter mais aussi de les éduquer en leur
inculquant la foi et le message de la religion musulmane.
Plume Blanche 98
Plume Blanche 98 est chroniqueuse , et conseillère en communication sur le site "ouktiasma"
Elle a aussi écrit :
Très prochainement la suite: L'éducation vue par l' Islam
Extrait: "L'objectif de cette partie est de faire un balayage global sur les positions qu'adopte la pensée islamique par rapport à l'éducation de
l'enfant, et ceci à la lumière des textes saints (le Coran et les récits prophétiques ou Hadith.) Notre centre d'intérêt se situe donc dans l'examen des principes relationnels utilisés par le
Prophète Mohamed pour éduquer sa communauté."
J'ai maloncontreusement oublié les sources : Principalement Sajidine extrait du livre : L'enfant en Islam et je ne retrouve plus le nom de l'auteur...
Ps Laura Asma : N'avez vous pas oublié l'article sur lequel vous avez collaboré avec moi : la femme et sa carriere professionelle.. . =)
Bonne journée à tous.
Jâzâki Allâhu Khayran pour ce travail, Ja`alahu fî mîzâni Hasanâtik ..
Déjà je vous remercie pour cet article ainsi que pour celui que j'ai publié juste hier sur l'éducation vu par l'Islam.
J'ai beaucoup appris en les lisant.
J'ai pris bonne note des sources dont vous vous êtes servie pour cet article et vais les rajoutées en fin de publication.
Effectivement j'avais ommis l'article sur la femme et sa carrière professionnelles. Je vais de même m'empresser de les rajouter.
Bine à vous chère soeur ... et ! Chroniqueuse !
BarakAllahoufik
As salamou 'Alaikoum
Laura Asma