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Islam et démocratie: Des valeurs communes ?
Remarque préalable
Cet article a simplement pour but de montrer aux musulmans et au non musulmans vivant en Europe que l’Islam est une religion de paix fondée sur le respect et la tolérance et que toutes les
valeurs démocratiques rentrent en totale adhésion avec ceux de l’Islam.
C’est pour cela que les valeurs démocratiques sont les nôtres en tant que musulmans et nous nous devons de respecter les lois démocratiques car celles-ci rentrent en adhésion avec
celles de l’Islam alors autant les appliquer mais les appliquer correctement car nous obéissons ainsi à notre religion et aux valeurs de la démocratie .
Ainsi, cet article a aussi pour but de montrer que la religion musulmane est praticable dans des pays ayant pour régime politique la démocratie.
Il n’existe pas d’Islam modéré ni d’Islam trop stricte : mais il existe un unique islam fondé sur le principe du juste milieu et du respect d’autrui.
Nous imaginerons alors pour tous les thèmes de cet article une société islamique idéale reprenant les principes du Coran et de la Sunna et nous montrerons comment elle est en accord avec la
démocratie. Réciproquement, on en déduira que puisque notre religion reconnaît les valeurs démocratiques, l’on peut les appliquer dans un pays qui se dit vivre en démocratie, en
Occident.
Islam et démocratie : deux mots
incompatibles ?
A la lecture de ce titre, certains diront que les mots « Démocratie »
et « Islam » ne peuvent pas être réunis.
En effet, l’Islam est de nos jours associé à la peur, la haine, l’individualisme, le rejet des droits de la femme, l’inégalité , l’intolérance, l’autoritarisme, les peines et
châtiments corporels.
Voila ce que l’on entend le plus souvent dans les médias à propos de l’Islam.
Alors bien sur, amalgames et préjugés du fait « du bon travail des médias » sur l’Islam sont présents chez beaucoup de personnes qui souvent n’ont jamais pris la peine
d’étudier la religion musulmane ou qui répètent aveuglement ceux qu’ils entendent dans les médias ou alors ils disent :
« Je connais telle ou telle famille musulmane qui interdit à leur filles de sortir, d’étudier, les oblige à porter le voile etc.… »
Ainsi, il ne faudra jamais cesser de dire qu’il ne faut pas confondre l’Islam et les musulmans.
Il existe certes certaines familles ( et on ne peut le nier) qui vivent un Islam fermé et très stricte ( bien qu’il ne soit pas le véritable Islam et les pratiques, n’en reflétant pas le
message islamique).
Mais force est de constater qu’aujourd’hui l’immense majorité des musulmans et musulmanes vont à l’école, étudient, expriment leurs opinions, portent le voile par
choix : Et ceci parce qu’ils répondent correctement et fidèlement à ce que l’Islam leur a demandé ainsi qu’aux principes de la démocratie.
Ils ont adopté l’Islam non par contrainte ou bêtement (du fait que leur parents étaient eux-même musulmans) mais ils ont adopté l’Islam par choix, en réfléchissant et en faisant appel
à leur raison, ils ont vu dans cette religion une religion de paix, d’amour, de juste milieu, leur permettant de vivre sereinement et de trouver la paix.
Voila le véritable message de l’Islam !
Ceci peut paraître étonnant pour certaines personnes qui ont des opinions remplies de préjugés mais bien avant la démocratie que disent prôner les occidentaux, bien avant ce cher monde
occidental que l’on dit « civilisé » et « moderne » l’Islam a toujours défendu l’éducation, le droit des femmes, la liberté d’expression etc.…
Ainsi, il est important que nous fassions la distinction entre l’Islam et ce que les musulmans en font.
Le discour qui serait de dire que c’est l’Islam qui encourage l’intolérance, la haine, le rejet des droits de la femme, la guerre et tout le bla-bla habituel devrait cesser ! Se
renseigner avant de répéter aveuglement ce que d’autres disent est fondamental d’autant plus que ce que l’on entend aujourd’hui dans les médias sur la religion musulmane est le plus souvent
totalement tronqué et falsifié.
Certes, l’on sait que dans des pays comme l’Arabie Saoudite par exemple, il existe des peines et des châtiments corporels qui sont appliquées injustement mais que l’on dit à tord « au
nom de l’Islam ».
C’est ainsi qu’il faut bien distinguer l’Islam et ce que les Etats dits « islamiques, arabes » notamment en font !
Pour revenir à l’Arabie Saoudite, c’est actuellement une dictature qui ne transmet pas le vrai message et la réelle essence de
l’Islam. Les autorités saoudiennes ne sont qu’intéressées par le pouvoir, et la seule façon de le garder est d’instaurer une autocratie qui n’est en aucun cas le reflet du message
islamique.
D’autant plus que les autorités saoudiennes ne font que déformer le message islamique ! Ce que l’on entend dans les médias et qui, s’appliquerait la-bas n’est en aucun le message islamique,
loin de là !
Le voile par exemple est devenu malheureusement ( et je dis « malheureusement » parce qu’en Islam le voile ou Hijab n’est qu’un honneur rendu à la femme) un signe d’oppression et de
contrainte pour la femme mais ce n’est pas une raison pour aller affirmer que si dans certains pays le voile est instrumentalisé et reflète un asservissement de la femme, alors il faut
l’interdire en France !
Etant donné que la France est une démocratie, il faut revenir à l’origine et à l’esprit même de cette pratique : islamiquement parlant ça n’est en aucun cas une contrainte pour la femme ou
une pratique reflétant l’inégalité hommes/femmes.
D’autre part, il faut prendre conscience que si dans certains pays les femmes sont contraintes à porter le voile, ce n’est pas le cas pour la majorité des femmes vivant en France (bien que dans
certains cas marginaux c’est le cas et nous ne pouvons le nier)
Mais , ce n’est pas du fait de ces cas singuliers, qu’il faut tout généraliser et
avoir cette pensée dogmatique qui serait de conclure que le port du voile est un signe d’oppression , ce serait avoir un raisonnement totalement infondé.
De plus, contraindre une femme à porter le voile est un acte aussi violent que de la contraindre à l’enlever et ceci il ne faut pas l’oublier.
Malheureusement il faut dire que la stigmatisation et la médiatisation en France fait très bien son travail et aliène l’esprit d’un très grand nombre de personnes.
lslam et valeurs démocratiques
Une précision importante
Il est important de préciser que le Coran et l’Islam , n’impose pas aux musulmans un régime
politique déterminé ou une manière de gouverner minutieusement détaillée, car Dieu savait que les circonstances de la vie sont changeantes. Il s’ensuit que l’Homme doit faire appel à son esprit
inventif pour élaborer des constitutions qui suivent l’évolution des temps. En outre les Musulmans devraient rester ouverts à l’échange des connaissances qui s’offriraient à eux à toute époque,
sans se renfermer sur une constitution déterminée.
Cependant la constitution qui est mise en place doit respecter les valeurs islamiques et ne doit surtout pas les trahir dans cet idéal politique.
Alors pour les adeptes de laïcité qui viendraient dire à la vue de cette phrase qu’il ne faut pas mélanger la religion et le politique, que
la religion ne prime pas sur nos démocraties, l’on répondra que les valeurs islamiques sont en totale adhésion avec ceux de la démocratie. Montrer que l’Islam et la démocratie sont
similaires, voir un tout monolithique est le but de cet article. En effet, si l’on regarde les politiques de pays d’aujourd’hui, l’on se rend compte que celles-ci sont très proche de la
politique éthique islamique dans des matières aussi variés que l’environnement, la santé, l’éducation, l’aide social etc.…
Le Coran s’est donc contenté de donner les recommandations politiques générales
(que nous montrerons en parallèle avec ceux de la démocratie. ) et qui délimitent les caractéristiques d’un gouvernement idéal. Il ne nous a pas imposé une théorie précise car les temps en
raison du contexte qui peut justement changer , il n’a pas figé la loi, au contraire la rendu capable d’évoluer, de se réinventer, l’a en sorte dynamisé .; C’est la l’un des secrets de son
caractère miraculeux et de son excellence, et non pas le signe d’une lacune ou d’une imperfection. Le coran est vivant et sa parole est vive .
Nous tacherons dans cet article de montrer que le véritable message islamique ( donc celui du Coran et du prophète) entre en totale adhésion avec celui de la démocratie et ses valeurs sur
le fond, si l’on prend évidemment les valeurs de la démocratie telle qu’elle devrait être théoriquement et non sur ce que l’on en fait en pratique.
Nous dévoilerons les valeurs les plus importantes qui sont présentes dans la démocratie et en Islam pour ne pas aboutir à un article trop long et trop fastidieux.
● La valeur de liberté, de tolérance et de
respect
Nous revenons sur cette question qui théoriquement est valable dans la démocratie mais qui comme nous venons de le voir n’est pas
appliquée à sa juste mesure dans les pays qui se disent démocratiques. Cette valeur de liberté est sur le fond valable en démocratie.
Qu’en est-il en Islam ? La liberté de chacun est-elle recommandée ? Ou doit-on imposer à chacun une vision unique de la liberté sans faire l’effort de tolérance ni de
reconnaissance ?
En démocratie, la liberté se définit par l'état d'une personne ou d'un peuple qui ne subit pas de contraintes, de soumissions, de servitudes exercées par une autre personne, par un pouvoir tyrannique ou par une puissance étrangère. C'est aussi l'état
d'une personne qui n'est ni prisonnière ni sous la dépendance de quelqu'un.
La liberté peut être définie de manière positive comme l'autonomie et la spontanéité d'une personne douée de raison.
La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté, dans le cadre d'un système politique ou social, dans la mesure où l'on ne porte pas atteinte aux
droits des autres et à la sécurité publique.
Il existe plusieurs formes de libertés telles que la liberté de culte, d’expression, de mouvement, d’association etc…
Alors évidemment, avec les époques d’autres formes de libertés sont apparus mais nous nous intéresserons à l’essence même de la liberté en Islam. Il est clair en effet que la liberté de presse
comme nous la connaissons aujourd’hui n’existait pas à l’époque du prophète mais la conception générale de la liberté en Islam montre la position de l’Islam sur la question.
Dans le Coran , nous trouvons :
« "Quiconque le veut, qu'il croie, et quiconque le veut, qu'il
mécroie" (Coran 18:29).
Pas de contrainte en religion! Car le bon chemin se distingue de
l'errance... (al-Baqarah, la Vache 2: 256)
« Eh bien, rappelle! Tu n'es là que pour
rappeler. Tu n'as sur eux aucun pouvoir despotique. » (al-Ghachiyah, l'Enveloppante 88: 21-22) »
« Par la sagesse et la bonne exhortation, appelle au sentier de ton
Seigneur" (an-Nahl, les Abeilles 16: 25)
« Nous savons mieux que toi tout ce qu'ils disent et tu n'es nullement là pour les contraindre (à croire) par force. Mais, par le Coran, fais donc le rappel à celui qui craint Ma
menace. » (Caf, 50: 45)
A la lecture de ces versets, il est clair et incontestable que la liberté d’expression, d’opinion, de culte etc… est permise en Islam.
L’Islam garantit la liberté de vie et interdit l’oppression et la contrainte.
Ainsi, chaque être humain a le droit de penser comme il le veut et aucun être ne peut le contraindre à avoir telle ou telle opinion : Nous faisons ici référence à la liberté de culte
« Pas de contrainte en religion »
L’on voit bien qu’en Islam, on peut dialoguer,
partager ses points de vues on le voit dans ce verset coranique « Et discute avec eux de la meilleure façon.] Sourate An-Nahl 16/125. mais en aucun cas on peut contraindre qui que ce soit et les musulmans n’ont pas pour rôle de dominer les
autres. Chacun a le droit de penser et de pratiquer comme il le veut, les Hommes ne sont pas à mène de juger, ce pouvoir n’appartient qu’à Dieu.
Ainsi, l’on voit bien que la tolérance est une valeur tout comme la liberté très importante en Islam.
De plus, il n’est pas simplement question de liberté d’expression ou de culte, l’Islam désencourage fortement aussi ceux qui s’attaquent à des personnes qui ont des pratiques qui ne sont pas
islamiques : le Coran l’indique bien : Tu n'es là que pour rappeler. Tu n'as sur eux aucun pouvoir despotique. »
Nous avons dans l’histoire des prophètes un merveilleux exemple de comportement et de sagesse :
A celui qui s’est pris pour une divinité ( Pharaon ) : Dieu dit au prophète Moussa « [Et parlez-lui d’une manière douce peut-être se
rappellera-il ou craindra-il (Allah).] »
A ceux qui s’adonnent à l’homosexualité, Lot ne s’est contenté que de rappeler et jamais il n’a insulter, attaquer ou essayer de faire appliquer son message par la violence.
Maintes exemples comme ceux ci nous sont rapportés par le Coran montrant qu’en tant que musulmans, nous nous devons de faire preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit : chacun pense,
agit et pratique comme il le veut et réciproquement, mais le respect doit primer.
Dans la définition de la liberté, nous avons aussi « La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté, dans le cadre d'un système politique ou social,
dans la mesure où l'on ne porte pas atteinte aux droits des autres et à la sécurité publique. »
En Islam, la non atteinte aux droits des autres et à la sécurité publique est aussi reconnue , nous en venons
à traiter de la notion de liberté et de la morale.
On peut être libre mais sans notre conscience , notre liberté n’en n’est plus une et l’on s’oriente vers une destruction individuelle et collective.
Ainsi nous avons à maintes reprises dans le Coran :
Le Coran [16:90]
Certes, Dieu commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous
souveniez.
Le Coran
[2:177]
La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers
le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes,
de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour
délier les jougs, d'accomplir la prière et d'acquitter la Zakat (Aumône).
Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les
vrais pieux.
Le Coran [5:8]
Ô les croyants ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Dieu et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injuste. Pratiquez
l'équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Dieu. Car Dieu est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.
Ainsi, il est clair qu’en Islam, nous nous devons de penser aux autres. En Islam, mon propre intérêt n’a pas de valeur si nous ne
pensons pas aussi aux autres.
Ces versets nous le montrent très clairement : nous sommes libres d’agir, de penser mais islamiquement tout comme dans la démocratie et on le voit bien dans ces versets, notre
liberté ne doit pas nuire à celle des autres.
● Valeur d’égalité devant la loi et d’égalité sociale
L’égalité devant la loi ou égalité en droit est le principe
selon lequel tout individu doit être traité de la même façon par la loi. Aucun individu ou groupe d'individus ne doit donc avoir de privilèges garantis par la loi.
En Islam, il n’a jamais été question de privilégier telle ou telle personne en fonction de sa religion, de ses origines, de sa couleur de peau, hommes, femme etc…
Ainsi, en Islam, la loi du plus fort n’existe pas : ce sont seuls nos actions qui font la différence. Autrement
dit, les Hommes ( et les femmes , pour qu’aucune ambiguïté ne subsiste) en Islam sont tous égaux dans leurs choix et seuls leurs actions déterminent le jugement de Dieu et
non le physique ou notre degré dans la société.
Ainsi, le seul qui est apte à nous juger est Dieu lui- même, le Parfait et aucun autre être humain ne peut en Islam se donner ce droit.
Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’une personne n’est pas musulmane que nous avons, nous musulmans le droit de la traiter avec rabaissement ou violence si celle-ci reste respectable et
tolérante ! Ce comportement est loin d’être islamique. Nous nous devons en tant que musulmans de traiter les individus de la même manière :avec justice et équité. C’est
notre devoir de musulmans étant donné que notre religion ne donne pas de privilèges pour des raisons physiques ou de position dans l’échelle sociale par exemple : Seuls nos actions et notre
foi font la différence. C’est ce qui est entendu par l’égalité ou tout être doit être traité convenablement sans privilèges , avec justice et ce même lorsqu’il y’a conflit.
Dans le Coran, nous trouvons :
« Dis : "Mon Seigneur a commandé l’équité. Que votre prosternation soit exclusivement pour Lui. Et invoquez-Le, sincères dans votre culte. De
même qu’Il vous a créés, vous retournez à Lui. »
Ce verset souligne notre égalité existentielle : nous avons tous été créés et nous retournerons tous à Dieu. C’est dans ce cadre que Dieu nous commande de faire des partages
justes.
« En vérité Dieu a ordonné la justice , la bienfaisance et l’assistance à tous les hommes... »
« A tous les hommes » ! Il est donc clair qu’en Islam, nous ne devons pas faire de différence : nous nous devons
de traiter convenablement ceux qui le sont avec nous qu’ils soient croyants ou non à partir du moment ou ils se comportent décemment avec nous.
Nous répéterons encore une fois, ce verset du Coran « Ô les croyants ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Dieu et (soyez) des témoins
équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injuste. Pratiquez l'équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Dieu. Car Dieu est certes Parfaitement Connaisseur
de ce que vous faites. Le Coran [5:8]
Ainsi, il est clair qu’opprimer une personne qu’elle soit croyante ou non n’est pas islamique ! Comment peut-on alors affirmer que l’Islam encourage le terrorisme, la
violence, la haine et la peur ?
On peut rapprocher l’égalité devant la loi de la démocratie avec ce même verset ci-dessus si l’on se trouvait dans un pays qui appliquait les principes
islamiques :
C’est cette attitude que nous devons avoir en
tant que musulmans, respecter autrui en pratiquant l’équité et la justice y compris avec des personnes qui ne sont pas croyantes à partir du moment ou elles ne nous font pas de
tort.
Si l’on veut parler de l’égalité sociale celle-ci cherche à égaliser les moyens ou les conditions d’existence dans le but de réduire les inégalités et le contraste entre les
riches et les pauvres.
L’on peut mettre en avant trois formes d’égalités qui devraient être appliquées en France mais aussi dans tout autre régime démocratique :
- Egalité des droits : Les hommes naissent égaux, ils ont tous les mêmes droits à la naissance.
- Egalité des chances qui est le fait de pouvoir accéder à n’importe quelle position sociale quelque soit les
origines : cette égalité passe par l’école qui requiert aussi les principes de la méritocratie, chaque individu faisant des efforts pour réussir se doit d’être récompensé.
- Egalité socio-économique (égalité des conditions matérielles) : Chaque ménage doit avoir un logement, un salaire et des
chances d’accès à la santé décentes.
Surtout concernant l’égalité des droits et l’égalité des chances c’est ce que préconisera le sociologue Alexis de Tocqueville dans son analyse sur l’égalisation des conditions dans le cadre
de la démocratie.
Intéressons nous d’abord à la manière dont l’Islam a encourager l’égalité des droits au travers d’un exemple : celui de l’esclavage.
Lorsque le Coran est révélé au VIIIème siècle, l’esclavage existe dans la péninsule arabique. A partir de cette réalité, l’ensemble des prescriptions coraniques de même que l’exemple du
prophète, sont de reformer cet état de fait. Non pas en l’interdisant arbitrairement et sans délai, mais très explicitement en établissant des étapes dans la réalisation de ce projet social. De
nombreuses prescriptions coraniques suivent ce modèle de reforme s’appuyant sur l’orientation générale et les étapes de sa réalisation.
Le message coranique et la sunna parlent de l’égalité de tous les êtres humains, les compagnons libéraient les esclaves et les prescriptions liées aux expiations de fautes établissent en droit la
libération des esclaves. Les choses sont très explicites et les juristes n’ont de cesse de le rappeler : si l’esclavage fut une réalité des sociétés antéislamiques, il devient une anomalie
dans l’établissement des sociétés musulmanes. Tout confirme cette lecture quand on se penche sur l’analyse de la cité de Médine. La révélation coranique est à comprendre à partir d’un contexte
pour ensuite appréhender quels en sont les enseignements fondamentaux : il n’y a jamais ici la caution de l’esclavagisme. Au contraire, les juristes révèlent que l’Islam est un message de
libération qui engage un processus d’accès pour chaque être humain, homme ou femme, à l’autonomie et à la liberté.
Il est à savoir que les esclaves avaient le droit de se convertir à l’Islam et beaucoup d’esclaves se sont convertis à l’Islam à l’époque de la révélation puis au cours des siècles qui ont suivi.
Mais l’accomplissement de leur foi et de leur capacité à devenir autonomes et libres participent de leur propre accomplissement. Le plénitude de leur foi présupposait ce cheminement vers une
libération. C’est ce qu’ont compris énormément de compagnons, qui ont libéré leurs esclaves, soit pour expier leur faute, soit pour justement donner la possibilité à cette société de devenir une
société d’êtres libres.
Parlons maintenant de l’égalité socio-économique telle que présentée en Islam au travers d’un exemple, celui de la Zakat, troisième pilier de l’Islam. Dans le terme de
Zakat, il y a littéralement l’idée de purification. C’est une taxe, un impôt qui a une fonction sociale, puisqu’elle est d’abord directement orientée vers le soutien des pauvres , des
nécessiteux, des voyageurs. L’impôt social purificateur équivaut à retirer 2,5% de la valeur de nos biens ( et le pourcentage diffère selon la nature des biens , par exemple en ce qui concerne
les biens agricoles ou autre), dès lors qu’on a dépassé la limité des seuls besoins de nécessité.
Deux choses sont à mettre en évidence. La zakat est un encouragement à l’investissement économique parce qu’elle concerne l’avoir entier de chacun. Il faut donc produire une richesse. Il
faut également mentionner le fait que la zakat fait naître et enracine en l’homme la conscience d’être un membre forcement solidaire de la société. On trouve cette idée, connue en Europe , et qui
est un élément fondateur de l’espace social islamique , à savoir le droit du pauvre. Il est dit dans le Coran que les croyants sont ceux qui ont conscience que dans leurs biens
il y’a un droit pour la pauvre et le nécessiteux. La formule est explicite et attribue : à celui qui possède, l’exigence d’avoir à donner au pauvre, la
dignité de recevoir et de revendiquer son droit et non pas de demeurer en attente de la seule inclinaison charitable de ses semblables.
A l’époque du prophète et ceux qui l’ont succédé, une institution s’est peu à peu mise en place au niveau de l’Etat qui sera ensuite connue sous l’appellation Bait al Mal, littéralement « la
maison des finances » qui collectait la zakat et la distribuait.
● Droits de l’enfant
Il est clair qu’en Islam, l’enfant tient une place importante, il se doit d’être traité avec respect et dignité. Nous ne nous attarderons pas sur ce point car deux
articles ont été publiés à ce sujet sur ouktiasma : Voir L’enfant en Islam et L’éducation vu par l’Islam.
● Droits de la
femme
Nous ne nous attarderons pas sur ce point non plus du fait des nombreux articles déjà consacrés à ce sujet sur ce site et des nombreux articles à venir Inchallah.
La femme a en Islam une grande place au sein de la société. Il n’y a pas de religion qui s’est autant souciée du sort de la femme que l’Islam. Avec l’arrivée de l’Islam, la femme a retrouvé
ses droits tant bafoués dans la période pré-islamique. Au 7ème siècle, la femme en Islam retrouvait sa dignité alors qu’en Occident la femme n’a par exemple eu le droit au vote qu’en
1945 et au Moyen Age l’on se demandait si cet être pouvait avoir une âme.
Châtiments corporels en Islam, une atteinte aux droits des Hommes ?
Les occidentaux se disent choqués, horrifiés par certaines pratiques qui ont lieu dans certains pays musulmans. Ces
sanctions sont-elles une véritable expression de l’Islam ?
Nous dirons sur ce point que ce qui est le plus important car un article est normalement à venir sur le site à ce sujet.
Certes, les mentions de certaines sanctions corporelles comme par exemple celles pour le vol sont inscrites dans le Coran. Cependant, il ne s’agit pas de faire une lecture littérale, réductrice
qui oublierait le contexte de la révélation et la conditionnalité de son application.
Certains gouvernements instrumentalisent ces versets et les utilisent pour justifier les politiques les plus répressives qui soient mais qui sont en réalité totalement en désaccord avec ce que
nous enseigne l’Islam. Affirmant appliquer l’Islam, ils commencent par les peines. Et pourtant c’est exactement le contraire que l’Islam nous apprend.
Ce qui nous est demandé, c’est d’établir la justice et de donner le minimum nécessaire à chacun. C’est quand une société atteint ce niveau de justice et d’équité que la rigueur de la sanction
fait sens.
Lors de l’année de la famine, le second calife Omar avait mis un terme à l’application de ces peines car leur application aurait été en totale contradiction avec l’enseignement de l’Islam. En
d’autres termes « le voleur » se définit en rapport avec le contexte de vie dans lequel les hommes vivent : un homme qui vole pour sa survie n’est pas un voleur au sens coranique.
Certes, il enfreint la loi et il faut intervenir, mais il ne peut s’agir d’appliquer une sanction corporelle car les règles du bien être minimum de chacun en Islam ne sont d’abord pas
respectés.
C’est dire que l’application de cette peine aujourd’hui est en totale contradiction avec l’Islam puisque la première des conditions objectives qu’elle requiert est absente.
Un article traitant
de la vision de l’Islam en politique , dans un pays laïc ! ?
Tout au long de cet article, nous avons développé les différentes valeurs qui existent en Islam et qui devraient
théoriquement être appliqués dans une société islamique et ceci donc, au niveau législatif. Il n’est pas question d’affirmer dans un pays laïc qu’il faudrait s’appuyer sur des sources islamiques
en ce qui concerne le domaine politique.
Simplement, il est question de montrer dans cet article quels sont les valeurs islamiques, des valeurs humaines, universelles que l’on se doit d’appliquer en tant que citoyens vivant en France et
musulmans. Des valeurs qui répondent à ceux de l’Islam et à ceux de la démocratie.
Aujourd’hui, en tant que citoyens, dans notre vie quotidienne nous devons participer à la propagation de ces valeurs, nous devons ordonner le bien, nous éloigner de ce qui pourrait nous
nuire ; Nous intégrons le bien et nous nous éloignons de ce qui est mauvais .
La démocratie est certes fondée sur des
principes qui ne sont pas religieux : vous ne trouverez évidemment pas d’allusion à la Charia ou à tout autre source religieuse mais en réalité les valeurs de la démocratie sont les nôtres
en tant que musulmans et bien que les lois ne partent pas de la même source ni de la même constitution, il en reste au final que cette démocratie contient des valeurs reconnues en Islam.
(lorsque l’Etat ne trahit pas les valeurs même de la démocratie).
plume
blanche98
Sources : Aidé du livre Peut-on vivre avec l’Islam ? Tariq Ramadan pour quelques parties de l’article.
Plume Blanche 98 est chroniqueuse , et conseillère en communication sur le site "ouktiasma"
Elle a aussi écrit :
A lire aussi: L’islam, L’égalité des droits et la pluralité
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