Vendredi 9 novembre 2007
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Par Laura Asma
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A LA DECOUVERTE DU PATRIMOINE
MUSULMAN FRANCAIS
DU MOYEN-AGE A NOS
JOURS
En 2003 le docteur en histoire spécialiste de 'la présence musulmane en France durant le Moyen-âge',Muslim Charafdine
répond aux questions du journal internet:SaphirNet.info
SN:Existe-t-il un patrimoine musulman en France ? Et quels sont les principaux sites qui représentent ce patrimoine
?
Muslim Charafdine :
La réponse à cette question se limitera au champs de mon intérêt c'est-à-dire le Moyen Age.
Contrairement à une
idée reçue qui consiste à souligner que cette époque était une période de conflits et de guerres interminables entre Sarrasins et
Chrétiens, le Moyen Âge français a connu un riche échange entre musulmans et chrétiens,
notamment dans le sud de la France.
Cet échange a donné naissance à un patrimoine musulman non négligeable, et nous citons ici l'exemple de ce qui reste de la mosquée de Narbonne (8ème
siècle), les traces du château de Fraxinet près de La Garde-Freinet dans le Massif des Maures (10ème siècle) et les stèles funéraires trouvées à Montpellier (12ème siècle).
SN:Peut-on dire qu’il est révélateur d’un dialogue entre l’Islam et la France et plus largement
l’Occident ?
MC: Une étude approfondie de ce patrimoine nous révèle que le vivre ensemble
entre musulmans et chrétiens était presque exemplaire.
A Narbonne, la mosquée a été érigée dans l'atrium-même de l'église Sainte-Rustique avec
l'accord de l'évêque.
Les populations locales n'avaient pas hésité à prendre les armes pour seconder les musulmans contre les Francs.
D'autre part, les traces que les musulmans ont laissées en Provence au 10ème siècle, que ce soit
dans le langage, dans la manière de travailler le bois ou de fabriquer des barques, soulignent aussi une véritable ouverture des musulmans et je le répète un exemple de
vivre ensemble.
SP: Comment ce patrimoine fut-il découvert ?
MC:
La découverte de ce patrimoine est en général le fruit du hasard : les stèles
funéraires de Montpellier qui ont été trouvées au 19ème siècle au moment de la mise en place de conduites
d'eaux.
En ce qui concerne la mosquée de Narbonne, elle fut découverte grâce à un abbé.
Il trouva les traces de la niche de la mosquée (le 'mihrab' en arabe) qui l'amenèrent à faire davantage de fouilles archéologiques
dans ce site. Ces fouilles ont ensuite mises en évidence le patio de la mosquée ainsi que l'emplacement de la fontaine qui permettait aux musulmans de faire leurs ablutions.
Le Château des Maures, quant à lui, est en ruine à l'heure actuelle.
Et il n'a bénéficié d'aucune campagne de fouilles archéologiques.
SP: Pour votre thèse portait sur ' la présence musulmane en France au Moyen-Âge ', avez-vous rencontré des
difficultés dans vos recherches ? Et quel est l’état des recherches dans ce domaine à l’heure actuelle ?
Le principal handicap que j'ai pu rencontrer est le manque de
documentation.
Quant à l'état des recherches dans ce domaine, il en est encore à ces débuts.
Il reste encore beaucoup de choses à découvrir qui nourrirait le patrimoine musulman français.
Mais, je tiens à souligner le fait que le ministère de la culture n'a jamais développé le moindre centime pour extraire des informations d'un site aussi riche que celui de la Garde-Freinet dans le
Massif des Maures, qui comblerait sans doute une grande page de l'histoire de la France médiévale.
Et ce ne sont pas les fonds qui manquent puisque de nombreuses fouilles archéologiques sont réalisées sur des sites de l'époque Gallo-Romaine.
Autant de sites peu originaux sachant d'avance ce que l'on va y trouver contrairement à celui de la Garde-Freinet qui est encore inexploré.
Traces, mémoires musulmanes
en coeur de France
Les traces arabo-musulmanes dans l'art du Centre de la France, principalement au cours du Moyen-Age.
Ces traces, très souvent occultées pour de multiples raisons, on peut les
découvrir dans l'architecture, les ornements, les sculptures, les arabesques et les entrelacs de
nos églises, mais également dans les objets usuels, les vêtements, les instruments de
musique, etc.
Cela permet de rétablir une vérité : la réalité des relations ayant existé depuis
très longtemps entre la civilisation chrétienne et la civilisation arabo-musulmane, ainsi que le rôle de passeur que joua cette dernière dans l’immense mouvement des formes artistiques d'une culture à une autre,
dans le temps autant que dans l'espace.
Les musulmans en France ont-ils une histoire ?
Contrairement à une idée répandue, la présence des musulmans en France ne remonte
pas aux différentes vagues d’immigration des années 1960/70.
En 1895, il y avait déjà en France plus de 10 000 musulmans, dont une partie avait été accueillie
par le Roi Henri IV lors de l’expulsion des morisques, ces musulmans restés en Espagne après la chute de Grenade en 1492.
C’est cette histoire des musulmans de France de 1895 à nos jours, que Sadek Sellam nous raconte sur OummaTV, à l’occasion de la parution de son dernier livre,
" La France et ses musulmans, un siècle de politique musulmane (1895-2005)" aux éditions Fayard.
Musulmans histoire
envoyé par oumma
1ère guerre mondiale
Ambulance coloniale à Nogent sur Marne ; photographie
tirée du livre Dans la Paix, Vie de Sœur Marie-Cléophas (source)
L’ensemble des colonies musulmanes françaises a apporté son aide
durant la 1ère guerre mondiale.
L ‘apport des colonies s’est effectué dans plusieurs domaines, aussi bien
au front qu’à l’arrière : un nombre important de soldats (« milliers de volontaires indigènes ») qui « ont combattu avec autant de courage que les Français eux-mêmes », ce qui est une
reconnaissance explicite de la part prise par les «indigènes» dans la victoire.
Au total 212.000 Africains français servirent pendant la 1ère guerre mondiale, 163.000 furent engagés
en France et 30.000 environ y moururent. Il faut également souligner que le terme « volontaire » est à nuancer car l’administration coloniale recourait à la conscription
obligatoire.
Remise de décorations par le Général Lyautey
6 Mars 1916. "À l'hôpital Musulman du Jardin Colonial de
Nogent-sur-Marne le Général Lyautey, Résident Général de France
au Maroc décore nos glorieux soldats d'Afrique".
Les colonies ont également apporté un approvisionnement en matières premières
(« leurs productions »), sans lequel le « ravitaillement aurait été beaucoup plus difficile ». Il est en particulier souligné que c’est « l’arrière » qui a le plus profité de ces « précieux
services ».
Elles ont aussi aidé à des conflits en dehors de la France, pour l'armée Française, par esxemple en 1917 en Roumanie:

stèles musulmanes de tirailleurs algériens morts en Roumanie en 1917
Le manque de reconnaissance de l’état français envers ces indigènes des
colonies en l'occurence ici les musulmans, après la guerre a été flagrant, tout comme envers ceux engagés dans la seconde guerre mondiale.
Et cela à deux niveaux : les pensions versées aux soldats indigènes musulmans pour la plupart, étaient très largement inférieures à celles versées aux « Français » de métropole.
Plus largement, l’effort consenti par les colonies n’a provoqué aucun changement dans l’exploitation coloniale.
Seconde guerre mondiale
Les colonies françaises sauf
celles ralliées à la France libre, sont restées contrôlées par le gouvernement de Vichy, jusqu'à l'intervention des
alliés (opération Torch).
L'épopée victorieuse des soldats originaires des colonies, dont
près de quarante mille furent tués pendant la Seconde Guerre mondiale pour notre liberté, est restée longtemps absente de la mémoire collective.
Recherche et mise en page: Laura Asma
Propos recueillis par Jihen LAZRAK
Un site à voir: islamenfrance
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livre
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LES ARABES MUSULMANS
EN GAULE
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