Partager l'article ! LA SUITE: Mon voile n'est pas le bienvenue au conseil municipal:Une responsable MoDem veut interdire les signes religieux durant le conseil municipal. ...
Ma position et mes avis politiques ont évolué depuis la parution de cette article datant du 20/10/07. Je ne suis aujourd'hui adhérente d'aucun partie politique mais je laisse néanmoins cet article publié, car il fait parti d'un cheminement personnel et est révélateur de la discrimination que subissent les femmes musulmanes au sein de la société française.
Laura Asma
Mon voile n'est pas le bienvenue au conseil municipal
Il y a un mois, la responsable MoDem de mon département , m’a proposé de me présenter sous l'étiquette du parti que je soutiens le » Mouvement Démocrate », sur la liste municipale de ma ville, pour les élections de 2008.
Je considère le milieu de la politique comme étant plutôt malsain mais j'analysais néanmoins la
situation..
Je remarquai beaucoup de choses qui n'allaient pas au sein de ma ville en particulier des inégalités et des différenciations dans l’accession aux logements et au travail ainsi que de la
discrimination les arrestations policières.
Je constatais de même que les minorités religieuses et la diversité ethnique en France n’étaient pas présentes dans toutes les catégories en général, mais en politique particulièrement, dans
les régions, les départements et les villes.
Travailler bénévolement en tant que conseillère municipale, pour aider à résoudre ces problèmes , donner des idées, proposer, voter, défendre, écouter, dans un intérêt commun et une recherche de
meilleures conditions de vie pour les habitants de ma ville et des alentours me semblait être une bonne chose, totalement en concordance avec ma pensée, mon jugement, ma foi.
Après avoir consulter mon entourage, puis, y avoir réfléchi d’une manière plus spirituelle, j’éprouvai le besoin de demander l’avis de responsable de mon culte, qui me soutinrent dans cette
action.
J’acceptais donc.
Dernièrement, je contactais la responsable MoDem de mon département, pour parler de l'organisation des prochaines réunions, et l’entretenir de quelques inquiétudes de mon entourage vis à vis de
l’attitude que pourraient avoir des adhérents de droite ou extrème droite, au vue de la présence d’une « femme voilée » sur les listes municipales.
La réponse de la responsable MoDem fut très déconcertante.
Elle m’expliqua que selon elle, les signes religieux doivent rester en dehors de la politique que je suis libre de pratiquer mon culte dans le privé, et que si elle venait à gagner les élections
, elle interdirait l’accession à tout élu municipale portant un signe religieux à la mairie durant le conseil..
Stupéfaite , je lui répondit, que la loi interdisait dans l’enceinte d’un établissement public ( mairies, préfectures, postes, écoles public ) seulement dans l’exercice d’un travail rémunéré.
Etre conseillé municipal n’est pas un travail payé et qu' il n’existe aucune loi concernant les signes religieux au sein d'un conseil municipal.
Je lui demandai, pourquoi donc m’accepté avec ce que vous appelé « signe religieux », et me proposer de me présenter sur la liste des municipales si c’est pour m’ôter ce à quoi je suis
attachée ?
Elle me répondit, qu’elle pensait que j’aurais la qualité d’enlever mon foulard avant d’entrer à la mairie pour le conseil municipale.
Je lui répondit que je ne l’enlèverais pas .
Elle finis la conversation par me dire, « si il n’y a aucune loi contre, je ne suis pas contre, cela dépend de la loi et de l’avis des autres adhérents MoDem, nous en débatteront
à la prochaine réunion ».
Depuis que j’ai fais le choix de faire mon hijab comme un acte spirituel, c’est la première foi que l’on me fait sentir que ma présence n’est pas acceptable avec ma tenue vestimentaire.
Que ces propos viennent de la responsable du parti dans lequel je milite parce que je crois en son projet de rassemblement, parce que je m’y sentais profondément acceptais, me désole, vous
l’imaginez.
D’autant plus, après avoir effectuer des recherches sur les lois en vigueur concernant les signes religieux durant le conseil municipale à la mairie, je confirmais mes dires :
Rien n’interdit les signes religieux dans l’enceinte de la mairie durant le conseil municipale sur des
conseillés élus municipaux .
Aucune loi, pas même celle de 1905, n'interdit aux élu-e-s le port de signes religieux. ni le règlement intérieur du Sénat, ni celui de l'Assemblée nationale.
On prend pour exemple, l’abbé pierre, qui siégea à l’assemblée dans les année 1950 en soutane et qui y a été
reçu récemment dans les mêmes habits peu avant sa mort, de même le Docteur Philippe Grenier, 1er député musulman élu en 1896 qui suite a sa conversation à l’islam adopta la tenue
traditionnelle des musulmans algériens.


Ainsi on ne peux pas interdire aux députés de porter la kippa ou le foulard ou autres.
Si l’on ne peut pas l’interdire à un député, rémunéré par l’état, alors comment l’interdire à un conseillé municipal, qui ne fait pas les lois et qui n’est pas payé pour son travail.
Je réalisai que l’exigence de la responsable MoDem d’interdire l’entrée au conseil, ou d’en expulser toutes personnes portant un signe religieux ne relevait que de sa propre volonté.Une volonté
qui m’évoque une appréhension et un embarras.
Ainsi, je me refuse dés à présent de me rendre à la réunion pour « en débattre ».
Je ne suis pas une « bête de foire » dont on va décider du sort, refuse donc d’être inscrite sur cette liste.
J'ai écris un mail sur le site internet du parti, sans réponse pour le moment.
Je fais seulment un souhait : Que Dieu me permette de servir mon pays et mes concitoyens, dans un temps, un
endroit, et un moyen qu’il jugera bon pour moi. InchAllah
Laura Asma
La suite:
6 Novembre 2007
Un appel reçu de la responsable MoDem de mon département me
demande vivement de me présenter au conseil municipal avec mon voile.
Celle-ci s'est entretenue avec tous les membres MoDem de ma ville qui disent ne rien avoir contre ma présence sur les listes municipales de ma ville, étant donné qu'aucune loi n'interdit le port
de signes religieux au sein du conseil municipale.
Après réflexion , je refusai tout de même la proposition.
Moi même et mon entourage étions assez réservés en effet, par crainte des réactions de la part de l'UMP, du FN, et même du PS.
Laura Asma
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