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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 17:01
- Par Plume Blanche 98 - Voir les 1 commentaires

L'éducation vu par l'Islam


""  Pour qu’il y ait un suivi et un respect des valeurs morales et sociales, voire religieuses de leurs enfants, les parents doivent pratiquer une discipline à la fois souple et inflexible, et ceci le plus tôt possible pour ne pas que leurs progénitures se délient de leur culture islamique.   ""
                    http://sn124w.snt124.mail.live.com/att/GetAttachment.aspx?tnail=0&messageId=90ea94f8-1197-11df-911e-002264c202d0&Aux=54|0|8CC73BB7A6FE770|| Sommaire
  • Définition de l'éducation vu par l'islam
  • 1) Définition de la tarbiya ou l'éducation
  • Principe de non contrainte
  • 2) L'importance d'une éducation religieuse dès le bas âge
  • L'éducation dans La sourate Luqman
  • Principe de l'éducation progressive (ou par étapes)
  • Principe d'un enseignement selon les capacités intellectuelles et physiques des "apprenants".
  • Principe de non contrainte
  • Principe de douceur et de patience
  • Principe de répétition
  • Principe d'émulation
  • Principe de communication du savoir
  • Principe d'équité
  • Principe de respect
  • Principe de modération
  •   Principe de conformité des actes à la parole
  • Principe du bon exemple
  • Principe de discipline
  • La discipline dans la relation éducative
  • 1) Responsabilisation progressive de l’enfant ou sa préparation à la vie et à la mort
  • 2) Quelques principes fondamentaux de discipline
  • a) Principe de sanction
  • b) Principe de fermeté mais d’indulgence et de douceur
  • c) Principe de renforcement positif
  • d) Principe de remontrances faîtes dans la discrétion
  • e) Recommandation en faveur des orphelins
  • Conclusion

Définition de l'éducation vu par l'islam


1) Définition de la tarbiya ou l'éducation

 


Louis Gardet définit l'éducation ainsi : « La « tarbiya », « l'éducation » évoque le sens général de « cultiver », « faire croître », si bien que ce terme appliqué au règne animal, signifie également « élevage » tarbiyat el hayawan.
Quand il désigne l'éducation humaine, il a 2 synonymes approchés :

-> Ta'adib, éduquer sans doute, mais en corrigeant, en disciplinant,
et surtout
-> Tahdib, éduquer, former, avec une idée première d'émonder ou de polir 

Nous retrouvons une définition un peu plus précise et complémentaire chez Hassan Amdouni, impliquant au premier abord la notion de faire grandir en « alimentant l'enfant d'eau et de nourriture jusqu'à ce que son corps se soit développé », en second lieu, il élargit la définition avec l'expression "nourrit la raison, les sentiments de l'âme dans le but de parfaire et de perfectionner la personnalité."
A l'auteur de conclure que "l'islam prône une éducation homogène de toutes les entités de l'Homme : son corps, sa raison, son esprit, ses instincts et ses sentiments, en combinant harmonieusement les nécessités de la vie d'ici-bas avec les aspirations à la Vraie Vie de L'Au-delà"

En effet, ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est l'inculcation de la notion de bien et de mal relative à la notion du jugement dernier. Très jeune, l'enfant comprend qu'il y aura la vie après la mort et qu'il y aura rétribution ou châtiments selon les actes commis dans la dunyia, la vie d'ici-bas. Une fois responsable, l'adolescent saura agir en connaissance de cause ; selon un hadith, « l'homme doit agir comme s'il allait vivre éternellement, mais aussi comme s'il allait mourir le lendemain. Son action la plus banale doit comporter cette association » [ cité par Ben Hadj Salah Rachid ]


2) L'importance d'une éducation religieuse dès le bas âge


De façon globale, dans la pensée islamique, l'éducation est fortement marquée par une empreinte religieuse. Cette éducation consiste essentiellement à transmettre à l'enfant, dès son plus jeune âge, deux valeurs fondamentales : la foi et la connaissance que comporte la révélation coranique. « La vérité religieuse et la vérité morale, sont indissociablement liées, et il ne serait y avoir d'éducation valable sans une formation de ce genre »

A la lecture de différents pédagogues arabo-musulmans, ce qui domine lorsqu'ils évoquent le thème de l'éducation, c'est l'idée de modelage de l'âme, qui doit être effectué dès la plus tendre enfance.

C'est ainsi que El Ghazali philosophe arabe du 12ème siècle, affirme que :

l'enfant est un dépôt confié aux parents, son âme pure est une substance précieuse, innocente, dépouillée de toute inscription ou image. Elle reçoit tout ce qu'on y grave, elle s'incline là où on l'incline »


Ibn Khaldun va dans le même sens en affirmant qu'apprendre pendant le jeune âge, c'est comme graver sur du marbre. En effet, rien ne s'enracine plus fortement dans l'esprit que ce qu'on a appris dans son enfance : tout le reste se construira là-dessus.»

Pour Iwan El Safa, l'inculcation des valeurs religieuses (impliquant les valeurs sociales et morales) dès la première enfance revient en quelque sorte à modeler l'âme, nafs, « en considérant que l'âme et ses facultés de pensées, afkar al nufus, avant que l'on y inculque une connaissance quelle qu'elle soit, est semblable à une page vierge. Si on y inscrit le vrai, el hak, l'âme en sera remplie, et il n'y aura plus de place pour le faux, el batl, qui sera rejeté systématiquement par elle. Ainsi, ce qui a été inculqué, refusera toute idée contraire » [ cité par Ben Hadj Salah Rachid ]

En définitive, la sourate qui concentre le plus de versets relatifs à l'éducation des enfants, est la sourate 31, intitulée sourate Luqman, d'après le nom d'un Sage de temps anciens, descendant d'Abraham ,

Cette sourate nous rapporte donc l'enseignement que Luqman dispensait à son fils. C'est un enseignement qu'il lui ordonne par la parole et la douceur. Il fait appel à la réflexion et à la raison de son fils Le
premier enseignement qu'il lui donne est de rendre à Allah un culte pur, c'est à dire ne pas Lui attribuer d'autres associés [ Verset 13 ]. Ici, on peut lire le commentaire suivant émanant d'Allah et s'adressant à l'être humain : { Sois reconnaissant envers Moi et ainsi qu'envers tes parents } [ Sourate 31 - Verset 14 ]


L'éducation dans La sourate Luqman


Et lorsque Luqman dit à son fils tout en l'exhortant :
{ O mon fils, ne donne pas d'associé à Allah, car l'association à [Allah] est vraiment une injustice énorme } [ Sourate 31 - Verset 13 ]

Ensuite, Luqman fait remarquer à son enfant qu'Allah est attentif et bien Informé de tout ce que nous faisons : L'enfant doit donc apprendre à bien se comporter, non pas de peur que ses parents ne le punissent, mais de peur qu'Allah « Qui voit tout », ne le punisse [ Verset 16 ]

{ Ô mon enfant, fût-ce le poids d'un grain de moutarde, au fond d'un rocher, ou dans les cieux ou dans la terre, Allah le fera venir. Allah est infiniment Doux et Parfaitement Connaisseur.} [ Sourate 31 - Verset 16 ]

Cette première étape de l'éducation doit être implantée dans l'esprit de l'enfant le plus tôt possible, avant l'âge de raison, toutefois cette éducation sera renforcée lorsque l'enfant sera en mesure de comprendre distinctement les différents concepts théologiques, c'est à dire dès 7 ans.

Luqman poursuit ses recommandations, en disant à son enfant de faire la prière : et nous savons, à ce sujet, que Mohamed a enseigné aux parents musulmans de faire faire la prière à leurs enfants dès l'âge de 7 ans. A la même époque, Luqman recommande à son fils de bien se comporter tout en lui enseignant la modestie [ Versets 17 à 19 ]

{ Ô mon enfant, accomplis la Salat, commande le convenable, interdis le blâmable et endure ce qui t'arrive avec patience. Telle est la résolution à prendre dans toute entreprise. Et ne détourne pas ton visage des hommes, et ne foule pas la terre avec arrogance: car Allah n'aime pas le présomptueux plein de gloriole. Sois modeste dans ta démarche, et baisse ta voix, car la plus détestée des voix, c'est bien la voix des ânes.} [ Sourate 31 - Versets 17 à 19 ]

Ces versets portent essentiellement sur le bon comportement en société :

« en effet, à 7 ans, commence véritablement la socialisation de l'enfant, qui découvre qu'il doit se plier aux règles de la vie en société et respecter autrui » [ Cité par Amdouni ]

Les versets qui suivent, incitent l'enfant à observer la nature autour de lui : « Ce sont autant de bienfaits de la part d'Allah ! » Et ils l'incitent aussi à avoir une attitude scientifique, c'est à dire à se fier à ses propres observations et à ne surtout pas écouter ceux qui donnent leur opinion sur un sujet qu'ils ne maîtrisent pas [ Versets 20-21 ]

{ Ne voyez-vous pas qu'Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. Et parmi les gens, il y en a qui disputent à propos d'Allah, sans science, ni guidée, ni Livre éclairant. Et quand on leur dit:, ils disent : Est-ce donc même si le Diable les appelait au châtiment de la fournaise !} [ Sourate 31 - Versets 20-21 ]

Une telle démarche, chez l'adolescent, ne peut que le mener vers un plus grand respect d'Allah « Créateur et Ordonnateur de l'univers ».

Au temps de l'Arabie de la jahiliya ou de l'ignorance, c'est à dire avant l'avènement de l'islam, le peuple Arabe était un peuple rude et inculte, «quant à la vie morale, elle était pratiquement inconnue (...) les hommes s'abandonnaient sans retenue à leurs penchants » [ Cité par D. Sourdel ], si bien que l'une des préoccupations premières du Prophète Mohamed était de réformer la société dans laquelle il vivait au moyen de l'éducation. D'ailleurs, il ne cessait de dire qu'Allah l'avait envoyé comme un mu'allim ou enseignant.

Le Coran conforte cette idée en affirmant dans la sourate la vache : { Notre Seigneur ! Envoie leur un prophète pris parmi eux : il leur récitera Tes Versets, il leur enseignera le Livre de la Sagesse } [ Sourate 2 - Verset 129 ]

Le tout est de savoir comment le Prophète Mohamed s'y prenait-il pour éduquer ces Arabes, cela afin d'emprunter ses principes et de les appliquer, dans la mesure du possible, à l'enfant. D'autre part, pour tirer de la lecture du Coran des principes d'éducation, il faut continuellement interpréter, extrapoler pour les appliquer distinctement à l'éducation de l'enfant. C'est donc de cette extrapolation, que nous allons tenter d'établir des principes d'éducation selon la pensée islamique.


Principe de l'éducation progressive (ou par étapes)


Au moment de la révélation, la méthode principale du Coran pour éduquer les Arabes était d'utiliser la méthode progressive. Le Coran ayant été révélé par fragments, les interdictions sont établies par étapes, afin de ne pas s'opposer aux plus récalcitrants, donc il fallait préparer les esprits. Dans La Morale du Coran, Draz expose cette analyse : « Cette haute sagesse législative, les infidèles du temps du Prophète ne l'avaient pas bien comprise.

{ C'est pourquoi le Coran ne lui-a-t-il (Mohammed) pas été envoyé d'un seul corps } [ Sourate 25 - Verset 32 ].

Le même verset qui rapporte cette objection poursuit en y apportant la réponse :

{ Nous (sous-entendu Allah) faisons ainsi, pour fortifier ton cœur } [ Sourate 25 - Verset 32 ].

Et dans un autre passage, nous lisons une seconde explication :

{ afin que tu l'enseignes aux hommes par étapes lentes et progressives } [ Sourate 17 - Verset 106]

De la même manière que les interdictions ont été imposées par étapes, les obligations ont été inculquées dans le temps. Et ceci comme exemple, le Prophète lui-même recommandait d'enseigner la prière à l'enfant dès l'âge de sept ans, bien que la prière ne fût obligatoire qu'à partir de la puberté. Il a permis en l'occurrence, de "corriger" l'enfant, à partir de dix ans, si la persuasion n'obtenait pas un résultat satisfaisant.


Principe d'un enseignement selon les capacités intellectuelles et physiques des "apprenants".


Enseigner la science religieuse ou non, à un peuple aussi hétéroclite qu'était le peuple Arabe, nécessitait sans aucun doute de l'agilité et le la perspicacité, car il y avait des gens de tout âge, de toutes conditions sociales, intellectuelles, et physiques, il fallait donc considérer tous ces paramètres pour rendre un enseignement adapté à chacun. Voici par exemple un hadith traduisant cette esprit :

Abou-Mas'oud El Ansari a dit : « Un homme s'écria : « O Envoyé d'Allah, je puis à peine achever la prière, tant un tel nous la fait durer longtemps». Jamais dans un prône je n'ai vu le Prophète entrer dans une colère plus violente que ce jour-là : « O gens, s'écria-t-il, vous arriverez à faire déserter la prière. Que celui qui dirige les fidèles dans la prière, la leur rende légère, car il y a parmi eux des malades, des gens affaiblis et d'autres qui on des occupations ». [ Rapporté par Boukhari ]

Remarquons la méthode employé par le Prophète Mohammed quant aux remontrances ; bien qu'il connaissait l'identité du fautif, il ne l'a pas nommé pour ne pas l'humilier publiquement. L'autre souci du Prophète était de rendre accessible son enseignement. Et pour ce faire, il l'exposait le plus simplement possible, pour que le plus grand nombre de gens puisse en bénéficier. C'est dans ce sens qu'il a dit : « Calmez, n'effarouchez pas, simplifiez, ne compliquez pas » [ Rapporté par El Shaykhani ]

D'après Anas le Prophète a dit « Rendez la voie facile et non difficile. Annoncez des choses agréables et n'effrayez pas votre auditoire » [Rapporté par Boukhari ]

Enfin, un autre point est à souligner, il s'agit de sa méthode d'enseignement ; pour ne pas être abandonné de son auditoire, il exposait son enseignement ou son sermon en les espaçant, car il lui répugnait de provoquer l'ennui.

Al Ghazali (XIIe siècle) a établi une liste de recommandations destinées au professeur, voici ce qu'il est dit au sujet de ce principe même :

Que le professeur prenne en considération le niveau intellectuel de ses élèves, qu'il leur tienne des discours en harmonie avec leur intelligence ; il ne doit pas leur enseigner des sujets qui dépassent leur compréhension afin qu'ils ne prennent pas l'instruction en aversion (...). Il doit mettre à la portée de l'élève faible des choses claires qui lui conviennent et ne pas lui faire sentir sa faiblesse, car cela attiédira son désir de s'instruire et mettrait de la confusion dans son esprit. Il faut lui choisir des sujets faciles et abordables qui lui conviennent afin de ne pas lui faire une mauvaise impression, car une telle autosuggestion lui ferait du mal »


Hassan Amdouni nous dit que « toute l'éducation doit suivre l'évolution de l'enfant et être adaptée à son degré de maturation », suivant en cela le verset coranique où il est dit :

{ Allah ne charge nulle âme au-dessus de ses capacités. } [ Sourate 2 - Verset 286 ]


Principe de non contrainte


Un des principes fondamentaux qui ont régi la relation entre celui qui sait et celui qui ne sait pas (en matière religieuse), c'est bien l'éducation sans violence, sans contrainte, car on ne peut s'approprier la conscience de l'autre, on ne peut s'approprier sa pensée (bâtie ou non). La méthode prônée par l'islam via la Sunna et le Coran, est bien la non contrainte c'est ainsi qu'il est dit dans le Coran, et répété à plusieurs reprises :


{ Nulle contrainte ne doit avoir lieu en matière de foi } [ Sourate 2 - Verset 256 ]


Appliquons cela à l'enfant, il va sans dire que l'adulte ayant à sa charge l'éducation d'un enfant, peut se heurter à un refus exprimé par ce dernier, mais il ne peut en aucun cas lui imposer sa volonté par la violence (colère, coups physiques.), l'enfant n'en comprendrait pas plus le bien fondé de l'enseignement. Par conséquent, le seul moyen, à défaut d'être brutal, est d'une part l'éducation progressive, et d'autre part la douceur.


Principe de douceur et de patience


{
O Prophète ! c'est par la grâce d'Allah que tu es doux et débonnaire. Si tu étais violent et d'un cour endurci, ils se seraient détachés de toi. Sois donc indulgent pour eux, sollicite la clémence d'Allah en leur faveur, et consulte-les dans les affaires } [ Sourate 3 - Verset 159 ]


Cet extrait du Coran souligne en quelques sorte, les qualités élémentaires du bon éducateur ; la non-violence d'un côté (qu'elle soit physique ou psychologique), et la douceur de l'autre, et j'ajouterai la patience, car la patience permet un enseignement plus approfondi et plus suivi, car plus agréable pour l'une et l'autre des deux parties. Nous pouvons lire également dans le Coran que :


{ Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent (se comportent) avec modestie et douceur sur terre } [ Sourate 25 - Verset 33


Le Coran va dans ce sens puisqu'il évoque aussi la maîtrise de soi, la contenance de la colère, et condamne fortement l'élévation de la voix. Voici ce qu'il en est :


{ Allah n'aime pas qu'on élève la voix en propos injurieux. Il ne le tolère que si l'on est victime d'une injustice } [ Sourate 4 - Versets 148-149 ]

{ (O Prophète), recommande à mes serviteurs d'employer les paroles les plus douces ; autrement, Satan sèmerait la discorde parmi eux. Satan est pour l'homme un ennemi déclaré } [ Sourate 17 - Verset 53 ]

{ Cherche à modérer ton pas et à baisser un peu ta voix, rien n'est plus désagréable que le braiment de l'âne } [ Sourate 31 - Verset 19 ]


Pour conclure ce point, nous rapporterons une parole prophétique :

« La douceur, c'est la délicatesse, c'est l'abord facile, c'est la négation de la violence » « Toutes les fois qu'une chose est faite avec douceur, elle n'en est que plus belle » [ Rapporté par Ahmad, d'après Ibn Umar ]


Principe de répétition


Là encore, soucieux de se faire comprendre, le prophète Mohammed avait pour habitude d'utiliser la répétition en toutes occasions, principalement dans son prêche. D'autre part, chaque fois qu'il donnait un enseignement, il n'hésitait pas à formuler cette même question :

- « ai-je atteint le but (de me faire comprendre) ? Voici le hadith évoquant ce principe : D'après Anas : Chaque fois que le Prophète prononçait des paroles, il les répétait 3 fois afin qu'on le comprît (mieux). Quand il se rendait chez quelqu'un et qu'il voulait le saluer, il le saluait 3 fois. » [ Rapporté par El Bukhari ]


Dans le Coran, Allah invite les croyants à « rivaliser pour le meilleur », tout en faisant de leur mieux, ceci pour une amélioration constante de la société dans tous les domaines, que ce soit dans le domaine social, économique, ou moral, chacun devra pourvoir faire mieux que son frère, dans la limite de ses possibilités :

{ Chacun a sa direction préférée vers laquelle il se dirige, quant à vous, rivalisez pour le meilleur } [ Sourate 2 - Verset 148 ]


Principe d'émulation


A une échelle plus réduite, à l'école ou au sein de la famille, l'émulation est aussi de rigueur, car d'après la pensée islamique, elle ne peut engendrer qu'un intérêt vif, pour l'objet de l'étude, par exemple, et un respect plus développé pour les congénères, les parents, ou les éducateurs, en général.


Principe de communication du savoir


D'après l'idéologie musulmane, toute connaissance est considérée comme sacrée, c'est à dire émanant directement de l'essence divine :


{ C'est Allah qui vous instruit, et Il est instruit en toute chose } [ Sourate 2 - Verset 282 ]


Le savoir est considéré par les musulmans comme une richesse incommensurable pour les êtres doués de raison que nous sommes. En allant à la poursuite de la science, l'individu se rapproche de l'univers, donc d'Allah .

Par conséquent, faire obstacle à cette connaissance, est considéré comme un mal absolu. A cet égard Mohammed a dit : « Quiconque cache une science à celui qui la cherche, aura comme punition une bride de feu dans sa bouche le jour du Jugement Dernier »


A titre d'exemple, cela pourrait s'appliquer au professeur éludant les questions de ses élèves, ou donnant délibérément de mauvaises informations, voulant ainsi s'approprier le savoir.
Par conséquent, il est de rigueur de diffuser cette science en toute occasion, pour qu'un plus grand nombre de gens s'en imprègnent, et la diffusent à leur tour, ceci pour favoriser la culture musulmane ; un hadith évoque clairement ce sujet :


Omar a dit : « J'étais moi et un Ansar, mon voisin, chez les Benou - Omayya-ben Zeid, tribu (du district) d'Aouali de Médine. Chacun de nous à tour de rôle, nous allions chez l'Envoyé d'Allah ; mon voisin y passait un jour et moi le suivant . Quand je descendais à Médine, je rapportais à mon voisin toutes mes informations de ce jour, révélations du Coran et autres choses. Quand c'était lui qui allait à la ville il agissait de même à mon égard (...) » [Rapporté par El Bukhari ]


Cette communication du savoir se justifie par d'autres raisons ; en diffusant le savoir, on responsabilise les êtres face leurs devoirs sociaux, moraux, religieux, car selon le célèbre adage français « nul n'est censé ignorer la loi ». Enfin, ce principe de diffusion, et de communication a pour rôle de renforcer les liens sociaux de la oumma ou communauté, de pousser à la réflexion collective. C'est ainsi qu'il est fréquent de voir des organisations de halakat ou réunions dans les mosquées, traitant principalement des questions religieuses (dogmatiques, scientifiques.) . « Al Zarnougy considérait qu'une heure de discussion et de débat est plus profitable à un élève qu'un mois à apprendre par cour les connaissances. Ibn Khaldun disait qu'une des meilleures méthodes d'enseignement est le fait de délier la langue par la discussion et les débats autour des questions scientifiques » (...) [ Cité par Cissé ]


Principe d'équité


La législation de l'islam est entièrement fondée sur le principe de justice sans les rapports humains, et donc la justice non observée est fortement condamnée sans le Coran et dans les hadith. A titre d'exemple, voici ce qu'il en est dit : « Allah vous commande de restituer le dépôt à qui il appartient, et quand vous êtes appelés à juger entre les hommes, de le faire avec équité. C'est là une bonne éducation qu'Allah vous donne. Allah est tout ouïe et tout vue »


Tant le concept de justice est important, le Coran n'hésite pas à citer les différents cas de figures dans lesquels pourrait naître l'iniquité entre les hommes. Il est donc demandé au Prophète « d'ordonner aux hommes de considérer la justice comme fondement de toutes leurs actions et d'observer toujours le droit, en dépit de tout obstacle, même à l'encontre de leurs propres personnes ou de celle de leurs proches, de ne jamais fuir la justice, même quand l'inimitié les oppose à autrui » [Cité par Al-Munadjid].


Cette prescription est exprimée dans de nombreux versets :

{ Vous qui croyez, observez strictement la juste mesure comme témoins d'Allah , même à l'encontre de votre personne, de celle de vos père et mère ou de celle de vos proches. Ne suivez pas la passion qui vous détournerait de la justice } [ Sourate 4 - Verset 35 ]

Quant aux rappels contre l'injustice, il est dit : { Nous promettons aux injustes un châtiment douloureux } [ Sourate 25 - Verset 37 ] ou bien { Allah n'aime point les injustes } [ Sourate 3 - Verset 57 ]

Dans un hadith quodsi il est dit : « O mes serviteurs, j'ai fait de l'injustice un péché pour moi-même comme pour vous dans vos rapports réciproques. Ne soyez plus injustes les uns envers les autres. » [ Rapporté par Muslim ]

Suite à cette énumération globale des passages relatant de l'injustice sociale, une spécificité a été soulevée, car jugée importante ; il s'agit du sentiment ou de la démonstration d'injustice à l'encontre des enfants. Dans un hadith, on lit : "Craignez Allah et soyez justes envers vos enfants" [ Rapporté par El Bukhahri et Muslim ]


Principe de respect


{ O Messager, divulgue ce que ton Maître t'a révélé. Ne repousse point celui qui t'interroge, et répands (la science que tu as reçue par la grâce de ton Maître) } [ Sourate 93 - Versets 10-11 ]


Les versets qui vont suivre, attribuent une grande importance au respect que chaque musulman se doit de démontrer aux hommes de science. Ainsi est condamné le fait de couvrir délibérément la voix de ceux qui prêchent ou qui enseignent :


{ Croyant, ne couvrez jamais de votre voix celle du Prophète (...) } [ Sourate 49 - Versets 2-4 ]


Il est recommandé de faire de la place (dans un cercle d'étude par exemple aux nouveaux arrivants [ceux qui veulent apprendre], c'est là une marque de bienvenue et de mise en confiance, il est également recommandé de se lever (devant l'enseignant), marque de profond respect pour celui qui détient la sagesse :


{ Croyants lorsqu'au cours d'une réunion on vous dit : « Faîtes de la place », faîtes-en. Allah vous donnera un espace immense (dans le ciel). Lorsqu'on vous commande de vous lever, levez-vous } [Sourate 58 - Verset 11 ]


Enfin, il est recommandé aux apprenants de demander la permission au mu'allim ou enseignant de quitter le cercle d'étude, par égard pour lui et pour les autres :

{ Les vrais fidèles sont ceux qui (.) s'étant rassemblés avec le Prophète dans une réunion d'intérêt commun, ne le quittent qu'après lui en avoir demander l'autorisation } [ Sourate 24 - Verset 62 ]


Un autre point nous semble important à signaler ; c'est le rejet de la moquerie par le Coran. En effet, un enseignant peut très bien faire ouvertement des railleries intempestives à ses élèves ou à un élève en particulier, les mettent ainsi dans l'embarras. Voici ce qu'on peut y lire sourate 49, verset 11 :

{ Croyants, que les hommes ne se moquent point les uns des autres : il se peut que ceux qui font l'objet de vos railleries soient mieux que leurs calomniateurs (...) } [ Sourate 49 - Verset 11 ]



Principe de modération

 

Concernant la modération, le Coran et la Sunna la recommandent à maintes occasions, car elle est le fondement absolu d'une pratique et d'une croyance en accord avec l'individu. Le Prophète lui-même a déclaré à son peuple «vous êtes la communauté du juste milieu » leur bannissant ainsi tout excès dans leurs actions.

Par rapport à la modération dans l'éducation qu'elle soit religieuse ou non, puisque l'islam ne fait pas la différence, voici l'opinion du Prophète : « rendez la religion facile, ne la rendez pas difficile et n'en effrayez personne ». En d'autres termes, pour celui qui détient la science (religieuse), il devra l'enseigner en s'armant de patience, d'indulgence, de perspicacité ; il devra user de divers moyens afin de la faire comprendre selon la capacité intellectuelle de son interlocuteur, en somme, il ne devra pas exiger l'impossible de l'autre pour ne pas le décourager.

 


Principe de conformité des actes à la parole

Ce principe est primordial dans l'établissement d'une relation éducative entre le savant et le non savant, entre l'adulte et l'enfant, car il renvoie à une idée d'une éducation basée sur le visuel, sur l'exemple donné. En effet, d'après la conception islamique l'action prédomine sur la parole, dans la mesure où elle est du domaine du réel. C'est pourquoi une science sans pratique est tout à fait condamnable. Al Ghazali va tout à fait dans ce sens en disant que " le professeur doit appliquer son savoir, et ses actions ne doivent pas démentir ses paroles."

Pour ce qui est des versets coraniques, quelques-uns évoquent le sujet, en blâmant les croyants qui ne soumettent pas à la règle de conformer leurs actions à leurs paroles :

{ Comment commandez-vous aux autres la vertu, et vous dispensez-vous de la pratiquer vous-mêmes ! Pourtant, vous lisez le Livre. Ne le comprenez-vous pas ? (ou êtes vous dépourvus de raison ?) }

[ Sourate 2 - Verset 44 ]

{ Croyants, pourquoi dites-vous ce que vous ne faîtes pas ? Quelle abomination aux yeux d'Allah que vous disiez ce que vous ne faîtes pas ! }

[ Sourate 61 - Versets 2- 3 ]


Enfin, voici un hadith prophétique qui assimile une promesse non tenue faîte à un enfant, à un mensonge :
« Celui qui appelle un petit enfant en lui promettant quelque chose, puis ne lui donne rien, commet là un mensonge » [ Rapporté par Ahmad et ibn Hanbal ]


Notons que Mohammed, hormis sa mission de Messager et de Prophète d'Allah, avait pour objectif de donner l'exemple aux hommes qui voulaient le suivre, mais il représente aussi pour les enfants le parfait modèle de par ses qualités, ses actions, ses paroles. Par conséquent, lorsque l'on éduque les enfants selon l'islam, la référence au Prophète est constante.


Principe du bon exemple


{ Vous avez dans la personne du Prophète un bel exemple,
pour qui espère en Allah et croit au jour du Jugement Dernier. }  [ Sourate 33 - Verset 21 ]


Il incombe également aux parents d'être des exemples pour leurs enfants, car ils sont considérés comme étant les délégués du Prophète sur terre. Ils ont le devoir de revêtir cette lourde responsabilité en étant des modèles pour leurs enfants.

Selon Bukhari, le prophète Mohammed a dit : « Celui qui m'obéit, obéit à Allah, celui qui me désobéit, désobéit à Allah. Celui qui obéit à mon délégué, m'obéit, celui qui désobéit à mon délégué, me désobéit »


Principe de discipline


Dans un prolongement de l'idée précédente, il y a obligation pour les croyants d'obéir à Allah , à l'Envoyé, et à tous ceux qui détiennent l'autorité, qu'elle soit permanente ou temporaire. Le Coran indique ceci :


{ Croyants, obéissez à Allah, Obéissez au Prophète et à tous ceux d'entre vous qui exercent l'autorité } [ Sourate 4 - Verset 59 ]


La désobéissance de cette règle là implique, bien évidemment des sanctions ; il y a tout d'abord des sanctions physiques imposées directement par ceux qui détiennent l'autorité, ensuite il y a la sanction divine qui est inculquée dès le plus jeune âge, et qui a une action plus forte que la première sanction, bien que non immédiate, puisque la punition sera effective dans l'autre monde (akhira). Cependant, il existe un hadith qui promet aux enfants théologiquement responsables et désobéissants, c'est à dire qui commettent des péchés capitaux, une punition dans ce bas-monde

Si nous observons la méthode coranique, nous remarquons que le principe d'avertissement avant l'action punitive, est très répandu. Donc, avant de punir, il faut justifier la mauvaise action, puis avertir de la peine encourue. Voici un exemple extrait du Coran :

{ Nous n'avons pas l'habitude de punir, sans avertir par la voie des Apôtres } [ Sourate 17 - Verset 15 ]

Quels sont les principes relationnels prônés par la conception arabo-islamique pour éduquer autant les adultes que les enfants ? C'est à cette question auquel nous avons tenté d'apporter quelques éléments de réponses, en puisant notre argumentation des paroles et gestes prophétiques ainsi que des textes saints du Coran.

En définitive, la conclusion que l'on peut tirer est que ces principes d'éducation sont centrées sur l'apprenant, sur celui qui ne sait pas encore, et qui veut apprendre, ou celui qui est en état de faiblesse passagère (dû à son âge, par exemple). De plus, plusieurs paramètres démontrent que la qualité de l'apprentissage dépend de la qualité relationnelle émanant initialement de celui qui détient la science, qui détient l'autorité.


La discipline dans la relation éducative


De façon globale, la position qu’adopte la pensée islamique au sujet de l’homme et de ses finalités dans la vie d'ici-bas, justifie l’importance attribuée à une discipline rigoureuse et ferme dans la relation éducative.

En effet, l’Homme est un être de raison, qui a été crée libre et responsable de ses actes, afin d’agir sur son entourage selon des règles émanant d'Allah .

Son action sera déterminée au fil des années par l’éducation de ses parents, qui se seront appliqués à lui soumettre des règles de conduite, et à lui redresser le comportement par une action patiente, et douce, mais ferme, car ce qui est en jeu, ce n’est pas uniquement d’atteindre les fins d’une bonne éducation, réalisant l’auto accomplissement de l’enfant dans la société où il sera amené à vivre, mais aussi de la préparer à la vie de l’autre monde, qui dépendra évidemment de la vie d’ici-bas.

Dans la sourate suivante Allah déclare

{ Croyants, préservez-vous ainsi que les vôtres du feu [ ... ] }  [ Sourate 66 - Verset 6 ]

Et dans la sourate El Hashr :

{ O vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu'elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.}  [Sourate 59 - Verset 18]

A travers cette vision générale, nous pouvons donc aisément entrevoir les motivations de la discipline dans l’éducation islamique. Dans un premier temps, nous tenterons de soulever le problème de la responsabilisation de l’enfant, face à lui-même, face à autrui, et face à Allah . Dans un second temps, nous étayerons cette pensée par des principes fondamentaux de la discipline en islam.


1) Responsabilisation progressive de l’enfant ou sa préparation à la vie et à la mort


Responsabiliser l’enfant signifie, sans équivoque, que ce dernier n’est pas considéré initialement comme responsable de ses actes, et ce, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de la puberté. En effet, selon le Prophète Mohamed dans un hadith rapporté par El Boukhari :

« Trois catégories de personnes sont exemptées de toute responsabilité : l’individu qui est en état de sommeil jusqu’à ce qu’il se réveille ; l’aliéné jusqu’à ce qu’il soit guéri ;l’enfant jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de puberté »

Toutefois, on comprendra bien que cette attribution de cette charge ne va pas s’opérer du jour au lendemain ; il y aura une phase transitoire pendant laquelle l’enfant apprendra progressivement à devenir responsable, à travers une prise de conscience qui sera suscitée quotidiennement dans des situations bien précises, par des impositions, des interdictions ou a contrario, des permissions conditionnelles ou non, provenant des personnes chargées de son éducation. Par conséquent, en tout état de fait, en islam, si la responsabilité des enfants n’est pas prise en compte, ce n’est que pour engager celle des adultes à leur égard, les efforçant à soigner leur éducation à travers une discipline rigoureuse. Sur ce point précis, DRAZ explique que « dès l’âge le plus tendre, le petit homme musulman doit être habitué à se comporter, dans sa conduite personnelle, dans son rapport avec les autres ou avec Allah , à quelque chose près, de la même manière que l’homme ».

Prenons des exemples qui sauront nous éclairer sur cette responsabilisation progressive de l’enfant :Le Coran impose des règles de politesse et de discrétion, afin de protéger la vie intime de chacun.

De façon plus spécifique, le Livre saint leur interdit d'entrer chez autrui sans avoir demandé la permission au préalable.

Pour ce qui est des enfants, « le Coran leur accorde une certaine tolérance, mais non une exemption. Il restreint l'exigence de cette prescription aux heures de repos, où l'on est souvent invisible ». A cet effet, il existe un hadith prophétique évoquant ce point précis :

Anas Ibn Malik a rapporté : "J’étais au service du Messager d'Allah et j’avais l’habitude d’entrer chez lui sans permission. Un jour où j'allais entrer, il me dit : « Reste là où tu es mon enfant, car il est arrivé un ordre pendant que tu n’étais pas là : tu ne dois plus entrer sans demander la permission !". [ Rapporté par El Boukari ]

Cette ordre dont il est question, est le verset 58 et 59 extraits de la sourate de la Lumière :


{ O vous qui croyez ! Que vos serviteurs et vos enfants encore impubères prennent soin, avant de pénétrer dans vos appartements, d’en demander la permission à trois moments de la journée : avant la prière de l’aube, à l’heure où vous quittez vos vêtements pour la sieste, enfin après la prière du soir ! Ce sont là trois moments d’intimité qui vous sont accordés, en dehors des quels nulle autre charge n’est imposée à ceux qui vivent sous un même toit. Allah vous explicite ainsi Ses enseignements. Il est Omniscient, le Sage par excellence. Quand les enfants atteindront l’âge de puberté, il devront, avant d’entrer chez vous, s’y faire autoriser à l’instar des adultes. Allah vous expose ainsi Ses enseignements. Il est l’Omniscient, le Sage } [ Sourate 24 - Versets 58-59 ]
 

Hassan AMDOUNI explique la signification de ces versets en s’appuyant sur un hadith prophétique :
« Demander la permission, c’est frapper à la porte ou appeler et attendre une réponse. Il est permis de frapper ou d’appeler à 3 reprises après quoi, si l’on n’obtient pas de réponse, il est de bon ton de s’en aller (…) » « Il n’est donc pas correct de se présenter chez les gens aux 3 moments que nous venons de citer car ce sont des moments où tout un chacun aspire à un peu de calme et d’intimité »

Ces principes de politesse sont donc attribués à toutes les personnes, y compris les enfants de sept ans et plus. Pour ce qui est des enfants en dessous de cet âge, AMDOUNI explique « qu’ils ne sont pas restreints à ces règles de bienséance, car ils ne sont pas capables de les comprendre, ni de juger si le moment est bon ou pas ».

Pour ce qui concerne les pratiques religieuses, l’enfant apprendra à les respecter en s’y soumettant progressivement. Nous avons vu que la Loi est destinée aux seules personnes matures, par conséquent, on pourrait croire que les enfants immatures ne sont pas tenus aux pratiques cultuelles obligatoires, à savoir le jeûne ou la prière, par exemple.

En fait là encore, il n’en est rien, puisque plusieurs récits prophétiques incitent les parents à habituer leurs enfants à ces pratiques. D’une part, pour ne pas les contraindre lorsqu’ils atteindront l’âge où il devront s’y soumettre, d’autre part, pour qu’ils éprouvent progressivement les sensations telles l’endurance ou la patience ou la faim, par exemple, et qu’ils en saisissent le sens. Sur ce point, voici deux hadith :


Amr Ibn Chohaib a rapporté d’après son père, qui le racontait d’après sont propre père , que le Messager d'Allah a dit : « Ordonnez à vos enfants de faire la prière lorsqu’ils atteignent leur septième année ; et contraignez-les à la faire lorsqu’ils atteignent l’âge de 10 ans ; Donnez-leur aussi des lits séparés ! » [ Hadith relaté par Abou Daoud ]


En fait, cette contrainte n’est valable que pour le cas où l’enfant se rebellerait en rejetant cette pratique religieuse. Draz explique que « pour inviter les enfants à accomplir leur pratiques religieuses, l’islam n’attend pas leur adolescence. Dès l’âge de 7 ans, nous devons les encourager sans contrainte à faire la prière. Arrivées à l’âge de 10 ans, s’ils n’obéissent pas, on leur fait subir une correction disciplinaire ».

Le second hadith fait allusion à la pratique du jeûne :


Ar-Rabi, la fille de Mou’adh , a rapporté que le Messager d'Allah « envoya un message aux différents villages des Ansars, un matin du jour de la « Achoura », leur disant que celui qui avait déjeuné à son réveil continue ainsi sa journée, mais que celui qui avait commencé sa journée en jeûnant, continue de jeûner ».

Elle a ajouté : « Par la suite, nous avons pris l’habitude de jeûner ce jour-là et de faire jeûner nos enfants. Nous leur fabriquions des jouets avec de la laine teinte et, lorsque l’un d’entre eux pleurait pour avoir à manger, nous lui donnions ces jouets, jusqu’à ce qu’il soit temps de manger ».

NOTE : Le jeûne le jour d’Achoura était au début une obligation avant de devenir une simple recommandation. D'ailleurs, le Prophète  l’ordonnait plus au commun des gens de le jeûner, mais il disait:
 « celui-ci est le jour d'Achoura, j’y observe le jeûne, qui veut peut le jeûner ». Il a également dit : « le jeûne du jour d’Achoura répare les péchés pour une année, celui d’Arafat pour deux années ». Il est recommandé à celui qui observe le jeûne ce jour de faire autant pour le neuvième, car cela constitue la dernière recommandation du Prophète eu égard à ses propos : « Si je vis jusqu’au prochain, je jeûnerai le neuvième jour » tels qu’ils ont été commentés dans certains livres de Hadith.

Hassan Amdouni commente ce récit ainsi : « Pour éduquer les enfants à se surpasser, les femmes usaient de tact : plutôt que de crier sur eux, elles détournaient adroitement leur attention, sans céder pour autant au moindre pleur ! Céder, ce serait admettre l’inutilité de l’éducation morale et religieuse ; se fâcher, ce serait déconsidérer l’enfant et l'amener à se mépriser lui-même, puis à se retourner contre ses parents ! Lui donner un jouet, par contre, c'est profiter des caractéristiques de son âge pour l’amener petit à petit à mûrir et à comprendre la valeur de la patience, sabr ».


2) Quelques principes fondamentaux de discipline


C’est ainsi que nous analyserons ce concept de discipline à travers les différents textes religieux. Toutefois, une remarque est à souligner : quand bien même la fermeté est exigée, l’islam rejette toute forme de contrainte, de sévérité, de méchanceté gratuite à l’égard de l’enfant, visant sans doute à l’humilier, car un acharnement physique ou psychologique sur sa personne provoquerait l’effet contraire escompté, et ne prendrait aucunement compte du respect qu’il mérite en tant qu’être humain et créature d'Allah .

A travers les récits prophétiques évoquant la discipline, nous avons souligné plusieurs éléments prônés par le Prophète Mohamed dont celui de la sanction. L’objectif maintenant est de savoir comment doit-elle être attribuée et sous quelles conditions, ensuite, nous verrons justement cet aspect de la discipline, pratiquée avec fermeté mais indulgence, nous évoquerons également le principe de renforcement positif, enfin il sera question des remontrances.


 

a) Principe de sanction


Dans les milieux éducatifs de l’époque, c’est à dire au temps du Prophète il était d’usage de répéter que « le coup de canne du professeur valait mieux que le baiser des parents » [ Cité par Hamidullah ]. Cet esprit indique bien que les sanctions physiques étaient largement tolérées, toutefois elles ont été scrupuleusement réglementées par le Prophète Mohamed craignant sans doute, des abus non justifiés commis par les membres de sa communauté
. C’est ainsi qu’il prononça ces paroles : « Si l’un d’entre vous doit frapper, qu’il évite le visage » [ Rapporté par Abou Daoud ]

Par ce hadith, on peu aisément comprendre qu’en matière de châtiment physique, il est hautement recommandé, voire imposé à l’éducateur d’éviter le visage de l’enfant, qui reste une zone sensible pour les coups, aussi légers soient-ils. D’autre part, le fait de recevoir une gifle est souvent ressenti comme une humiliation quand bien même l’acte serai justifié.

Amdouni dit que « ce que l’on appelle communément « la fessé » est un moyen simple, rapide et efficace pour faire comprendre à quelqu’un qui est sous notre responsabilité morale, qu’il vient d’avoir un comportement inadmissible. Pour être efficace, elle ne doit pas être empreinte de mépris, sinon l’enfant frappé la prendra pour une manifestation de haine personnelle, et non pour un acte d’éducation : c’est pour cela qu’il ne faut pas frapper au visage, car ce serait trop humiliant.

Toutefois, une autre condition est exigée pour que la sanction soit jugée recevable. Il s’agit de sa justification auprès de l’enfant, tout en considérant que ce dernier avait connaissance des limites à ne pas franchir. Par conséquent, il y a un ordre logique à respecter en cette matière, qui fonde la relation éducative :

premièrement : établir les règles à ne pas outrepasser, les répéter si besoin est, par des avertissements,

deuxièmement : punir l’enfant, au cas échéant,

enfin : justifier immédiatement la sanction.


b) Principe de fermeté mais d’indulgence et de douceur


Nous avions expliqué dans la première partie, que l’idéologie islamique en matière d’éducation rejetait ardemment la contrainte, la dureté.
« Nulle contrainte ne doit avoir lieu an matière de foi » affirme le Coran.

La condamnation de la violence, de la dureté, de la contrainte est établie dans les textes à travers deux idées essentielles ; en premier lieu, un appel est lancé aux croyants de considérer autrui de la même façon qu’ils aimeraient être considérés. D’ailleurs un hadith stipule :

« Nul d’entre vous n’est vraiment croyant que s’il souhaite pour son frère ce qu’il souhaite pour lui-même »

Bien évidemment, cette notion de fraternité est employée pour souligner le lien qui unit tous les musulmans autour de la Conception et de la Loi divines. L’idée seconde réside dans le fait que le musulman doit se soustraire à toute pratique jugée injuste, au nom d'Allah. Ce principe, employé largement par les hadith, indique qu'Allah est le témoin de toute injustice.

Dans le même registre, on trouve des hadith qui exhortent les musulmans, qui détiennent l’autorité par exemple, à agir avec indulgence, à l’image d'Allah :

« Allah est indulgent, Il aime l’indulgence et Il donne en récompense de l’indulgence et de la compassion pour ce qu’Il ne donne pas pour la violence, ni pour quoi ce soit d’autre » [ Rapporté par Boukhari et Moslem ]

Ce dernier hadith implique que dans la relation éducative, il doit y avoir suffisamment d’indulgence pour que les enfants conservent l’assurance de l’amour de leurs parents.

Selon les termes de Hassan Amdouni, « il faut, dans certains cas, savoir fermer les yeux et compter sur les remords que l’enfant lui-même ne manquera pas d’avoir, ou lui faire remarquer son erreur sans colère ni mépris, avec amour, compréhension et respect ».

S’inspirant du hadith précédent, l’auteur continue son explication en affirmant « qu’il faut (…) savoir pardonner à son enfant le mal qu’il peut nous faire, après lui avoir fait remarquer les défauts de son comportement ».

Mais d’un autre côté, la punition est une pratique à ne pas rejeter, elle est fondamentale à l’éducation des enfants, au redressement de leur comportement ;

« la punition doit avoir pour cause le désir des parents de bien éduquer leurs enfants, d’en faire des candidats du Paradis et non des futurs habitants de l’Enfer ; Elle ne doit pas être une issue à la nervosité et à la violence mal contrôlée de parents ».


c) Principe de renforcement positif


Pour compléter l’idée précédente, évoquons maintenant le principe de renforcement positif qui, selon les hadith, était une méthode d’éducation largement employée par le Prophète Mohamed. Selon Hassan Amdouni
« Le Prophète ne critiquait jamais, ne disait jamais « pourquoi t’es-tu comporté ainsi ? (…) « il semble avoir utilisé essentiellement des renforcements positifs »

Lors de la relation éducative, l’éducateur fait état d’une prémisse élémentaire : L’enfant est un être sensible qui a des caractéristiques propres dont il faut tenir compte, par conséquent, il ne faut ni le bousculer, ni lui tenir compte de ses faiblesses ou de ses oublis de façon autoritaire et vindicative. Les reproches négatifs, les questionnements relatifs à ses manquements par ignorance ou par étourderies sont à bannir, pour faire place à des rappels à l’ordre, faits amicalement, et à des éclaircissements lorsque les connaissances de l’enfant font défaut. Donc, pour résumer cette idée, faire confiance à l’enfant pour qu’il corrige ses éventuels manquements est un signe de respect vis à vis de sa personne. Voici pour ce qui concerne les hadith :

Anas a raconté : « Le Messager d'Allah était le meilleur des hommes, dans sa façon d’être ! Un jour qu’il m’avait envoyé pour affaire, je répondis : Par Allah ! Je n’irai pas ! Bien que, en moi-même j’aie eu l’intention d’aller là où le Prophète m’avait ordonné d’aller.

En sortant, je passais près d’enfants en train de jouer dans le marché … Voilà que le Messager d'Allah était derrière moi, dans mon dos !

Je le regardai : il riait ! il me demanda : Ounaïss ! Es-tu allé là où je t’ai demandé d’aller ?

Oui, j’y vais, Messager d'Allah !


Anas ajouta :
« Par Allah ! Je l’ai servi durant 9 ans, et je ne me souviens pas l’avoir entendu dire au sujet de quelque chose que j’avais faite : « pourquoi as-tu fait ceci ou cela ? Ou au sujet de quelque chose que j’avais négligée : « Ne vas-tu pas faire ceci ou cela ? »


Hassan Amdouni commente ce hadith ainsi : « Ounaïss est un diminutif d’Anas, en l’utilisant, le Prophète montrait qu’il reconnaissait que Anas n’était encore qu’un enfant, dont le désir de jouer est naturel. Il lui rappela donc son devoir, mais de façon amicale ».

Mou’awiya Ibn Al-Hakam As Soulami a rapporté :

« Un jour que je faisais la prière en commun avec le Messager d'Allah un homme éternua. Je lui dis : « qu'Allah te bénisse ! »

L’assemblée me lança de tels regards que je dis alors : « Malheur à toi, O Mou’awiya ! « Et ajoutait : « Qu’est ce que vous avez à me regarder ainsi ? » Alors ils commencèrent à se frapper la cuisse avec la main. Lorsque je compris qu’ils voulaient me faire taire, je me tus. Lorsqu’il eut terminé la prière, le Messager d'Allah m’appela à lui. Par mon père et ma mère que je sacrifierais* pour lui ( * Il s’agit uniquement d'une expression arabe pour indiquer la valeur que l’on attache à ce dont on parle), je n’ai jamais vu un enseignant, avant lui, qui le vaille ! Je jure qu’il ne m’a ni injurié, ni frappé, ni insulté, mais qu’il m’a dit : « Cette prière, rien ne peut en faire partie, comme parole humaine ! Elle ne consiste qu’à célébrer la Pureté et la Grandeur d'Allah et à lire du Coran ! » [ Hadith relaté par Muslim ]

 

d) Principe de remontrances faîtes dans la discrétion


Dans le recueil d'El Boukhari , rapporteur de récits prophétiques, nous pouvons lire dans la section « éducation » ce titre : On ne doit pas réprimander ouvertement les gens.

Aïcha - Qu'Allah soit satisfait d'elle - a dit :

« Le Prophète avait fait une certaine chose, ce qui impliquait qu’elle était tolérée, et cependant les fidèles s’en abstenaient. Le Prophète ayant appris cela, monta en chaire, loua Allah et dit : « Qu’ont donc les fidèles à s’abstenir d’une chose que je fais moi-même. Par Allah, personne ne sait mieux que moi ce qu'Allah permet et nul ne redoute le Seigneur autant que même. »

Abou Sa’id El Khoudri a dit :

« Le Prophète avait plus de pudeur qu’une jeune fille vierge. Quand il voyait quelque chose qu’il réprouvait, nous nous en apercevions à son visage. »


D’une façon générale, ces récits prophétiques sont des illustrations significatives, car ils démontrent qu’en matière d'éducation, l’islam rejette les remontrances faites ouvertement pour ne pas ridiculiser le fautif. Bien évidemment, cette règle est préconisée dans toute forme de relation éducative. Pour mieux restituer les choses, la position de l’éducation selon la pensée islamique, est pour le fait de blâmer l’enfant ou l’élève fautif, mais de façon implicite et indirecte, car il n’y a rien de plus humiliant pour l’enfant, qu’il soit fautif dans son comportement ou dans son apprentissage, que les sarcasmes publics de l’éducateur.

Dans l’une de ses huit recommandations destinées aux professeurs, El Ghazali (12è siècle) souligne ceci :

« qu’il reproche à son élève ses mauvaises mœurs d’une façon indirecte et non point explicitement, qu’il le reprenne d’une manière clémente et non point par des remontrances. Si l’élève fait une faute, il faut le réprimander par un geste ou par une insinuation, d’une manière tendre et clémente, et ne pas le blâmer ouvertement »

Il est donc légitime de réprimander l’élève fautif et de lui inculquer de nouvelles valeurs, qui sont les bonnes. Mais cette inculcation devra se faire dans la douceur et la discrétion pour ne pas provoquer le rejet de l’adulte et de ses valeurs.

e) Recommandation en faveur des orphelins

C’est parce qu’ils sont démunis, car privés d’affection et de protection matérielle, et émotionnellement plus sensibles que les enfants entourés de la bienveillance parentale, que les orphelins ont suscité une attention particulière en islam.

Le Prophète lui-même orphelin, et Allah à travers le Coran, ont fait plusieurs recommandations en faveur des déshérités d’une manière générale, et des orphelins, en particulier.


C’est ainsi que nous lisons dans la sourate La Vache (qui est une sourate à caractère législatif) au verset 215 :

{ Ils t’interrogent au sujet de ce que vous devez dépenser : Dis : « ce que vous dépensez sera pour vos père, mère, vos proches, pour les orphelins, les pauvres et pour le voyageur - Allah connaît ce que vous faîtes de bien }


A côté des recommandations, le Coran expose des interdictions formelles imposées aux croyants quant à la relation à avoir avec l’enfant ayant perdu ses deux parents ou l’un des deux. Dans la morale du Coran Interdiction :

De toucher aux biens des orphelins, sauf de la manière la plus honnête (en vue de les mettre en valeur) [ Sourate 4 - Verset 6], [ Sourate 6 - Verset 152 ]

De repousser l’orphelin [ Sourate 107 - Verset 2 ]

De lui faire quelque violence [ Sourate 93 - Verset 9 ]

De le traiter dédaigneusement [ Sourate 89 - Verset

Le texte coranique insiste particulièrement sur la première interdiction, celle de protéger les biens des orphelins, considérés comme des biens sacrés que nul ne peut s’octroyer, même pas le tuteur de l’enfant. Dans la sourate 4, versets 2 et 6, nous lisons :

 

{ Rendez leurs biens aux orphelins (devenus majeurs). Ne prenez pas l’illicite en échange du licite (en substituant ce que les orphelins possèdent de bon à ce que vous posséder de mauvais) Ne substituez pas leurs biens en les confondant aux vôtres. C’est un crime énorme (…) Gardez-vous de les consumer par prodigalité ou en vous hâtant de les en priver avant qu’ils ne deviennent majeurs. }


Sous l’angle de la législation musulmane, il serait intéressant de soulever le problème du statut de l’enfant par rapport à son tuteur, quel est-il, l’enfant est-il considéré comme son fils adoptif, a-t-il les mêmes droits que ses enfants légitimes ?

En fait, les réponses apportées à ces questions sont doublement négatives, pour la simple raison que l’islam, non seulement ne reconnaît en aucun cas l’adoption filiale, mais il l’interdit catégoriquement, mettant ainsi fin à une pratique préislamique qui consistait à se choisir un enfant et à l’insérer à part entière au sein de sa famille. « Ceci est un acte contre nature » affirme Cheikh Sadek, car il « autorise une personne étrangère à la famille de bénéficier et de jouir illégalement de tous les droits d’un enfant légitime. »
De plus, cet enfant « va considérer à tort que les personnes de son entourage constituent sa véritable famille et, de ce fait, il va tout naturellement s’interdire d’épouser une prétendue sœur ou prétendu frère (selon le cas), alors que ces personnes lui sont en réalité étrangères et qu’il est tout à fait en droit de les épouser. Sous cette optique, « l’enfant adoptif va pouvoir hériter illégalement de ses faux parents et, par-là, il va peut être priver indûment les vrais ayant droit d’une part légitime de leur héritage. » Voici ce que disent les textes saints :

{ Il n’a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos que sortent de vos bouches ! Mais Allah dit la vérité. Et c’est Lui qui met (l’homme) dans la bonne direction. Appelez les du nom de leur père, c’est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leur père, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés. } [ Sourate 33 - Versets 4-5 ]

Si la formule de l’adoption, par reconnaissance filiale, est interdite, le musulman, peut très bien prendre à sa charge un orphelin ou en enfant naturel, afin de l’élever, mais tout en lui faisant savoir son histoire, à savoir qu’il est le fils d'un autre. D’ailleurs, l’islam encourage et recommande cette dernière formule, et autorise de « faire des dons en espèce ou en nature à l’enfant adoptif en lui léguant par testament une partie de l’héritage, sans toutefois en dépasser le tiers. »

 


Conclusion

L'éthique musulmane est présente dans chaque acte du quotidien du musulman, s'y conformer permet de se rapprocher de Dieu, de se rapprocher de l'idéal de vie que Dieu souhaite pour nous .
Il existe aussi un idéal dans la manière d'élever nos enfants et de les éduquer.

Dans la révélation divine coranique , et l'exemplarité du prophète Mohamed (que la paix sit sur lui), nous pouvons puiser les clés pour parvenir à cet idéal. Parmi elles , le respect, l'entente, la pédagogie , l'empathie, la patience, et surtout ...  surtout , l'amour .
Ces clés qui nous permettons d'ouvrir les portes de la réussite et de notre bonheur dans cette vie et dans l'autre. InchAllah

Plume Blanche 98


Plume Blanche 98 est chroniqueuse , et conseillère en communication sur le site "ouktiasma"
Elle a aussi écrit :


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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 12:41
- Par Plume Blanche 98 - Voir les 3 commentaires

L'enfant en Islam



Sommaire:

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  • Introduction
  • L'enfant et la période pré-islamique
  • Quelle valeur de l'enfant en Islam?
  • L’avortement (au cas par cas) et l’infanticide
  • L’enfant :«la parure de ce bas-monde»
  • Pourvoir aux besoins de l'enfant et de la famille
  • Bien traiter son enfant pour bien l'éduquer.
  • Une démonstration affective.
  • 1)Importance de la démonstration d’amour et d’affection
  • 2) Importance de la bienveillance
  • 3) Importance de l’équité dans la relation éducative
  • Harmonie familiale : source de l’équilibre psychologique de l’enfant
  • 1) Un principe élémentaire : l’entente du couple
  • 2) Exemplarité et transmissions des repères
  • Conclusion

Introduction

 

Dans tout consortium, l'enfant tient une place fondamentale. Il est la continuation, le futur d'une société ou d'une communauté.

En Islam, la place de l'enfant et de son éducation est très importante puisque c'est lui qui permettra la transmission du message islamique. Ainsi, en Islam l'éducation d'un enfant a un aspect très important puisqu'elle est le fondement, la base sur laquelle la communauté va se reposer pour se constituer et se reconstituer en n'oubliant pas de transmettre les valeurs et les principes pour les générations à venir.
En Islam la dimension spirituelle de l'enfant tient aussi une place très sérieuse car elle lui permet de prendre conscience de sa vulnérabilité et fragilité en tant que créature face au créateur..

Ainsi, dans cet article, il s'agira non seulement de traiter de l'éducation de l'enfant en Islam en lui transmettant les valeurs islamiques mais aussi de montrer que l'enfant est très précieux en Islam et ce pour plusieurs raisons qui seront développés.

Pour mieux percevoir la place que l'Islam a donné à l'enfant, l'on commencera par traiter de la place de l'enfant dans les temps de l'ignorance ( période pré-islamique) ou «Jahiliya» en arabe.



L'enfant et la période pré-islamique

Avant l'avènement de l'Islam, le peuple arabe était un peuple inculte et rude la vie morale était pratiquement méconnue. Ainsi concernant les enfants, beaucoup de polythéistes enterraient vivants leurs nouveaux-nés et plus particulièrement les enfants illégitimes et les filles aux noms de leurs Dieux disaient-ils. Ceci constituaient pour eux une sorte de déshonneur . Ainsi, l'infanticide était une pratique courante dans la période pré-islamique comme il est dit dans ce verset coranique.

«Ainsi les dieux de nombreux polythéistes leur ont fait croire qu’il était bon de tuer leurs enfants. C’était dans le but de les faire périr eux-mêmes et de couvrir leur religion d’obscurité. Ils ne l'auraient pas fait, si Allah l’avait voulu. Laisse-les Ô Mohamed à ce qu’ils ont inventé»
[ Sourate 6 - Verset 137 ]

Un autre verset coranique démontre aussi le mépris qu’avaient les Arabes païens pour leurs filles :

« Lorsqu’on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son visage s’assombrit, il suffoque, il se tient à l’écart, loin des gens, à cause du malheur qui lui a été annoncé. Va-t-il conserver cette enfant, malgré sa honte, ou bien l'enfouira-t-il dans la poussière ? Leur jugement n’est t-il pas détestable.» [ Sourate 16 - Versets 57 à 59]

Ainsi ces différents versets « aya »que l'on remarque à plusieurs emplacements dans le Coran montre que l'Islam condamne fortement la mauvaise conduite envers les enfants. C'est ce qu'il s'agira d'étudier plus précisément dans la partie qui suit.


Quelle valeur de l'enfant en Islam?

Contrairement aux mœurs des pratiques des temps de l'ignorance, l'Islam interdit fermement les pratiques de l'infanticide et de l'avortement (il y a néanmoins certaines exceptions pour ce dernier cas, nous le verrons plus bas).

 

Les enfants illégitimes ne peuvent, certes pas être reconnus mais étant donné qu'ils sont juridiquement libres, ils peuvent être recueillis par la communauté musulmane qui les adoptera.
C'est une solution proposée et qui s'oppose fermement aux pratiques et mœurs pré-islamiques.
Les versets interdisant le meurtre d'enfants son très clairs et explicites.


«Accablés par l’indigence, ne tuez point vos enfants. Nous vous donnerons de la nourriture pour vous et pour eux.» [ Sourate 6 - Verset 151 ]


Ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. Leur meurtre serait une énorme faute. } [ Sourate 17 - Verset 31 ]


L’avortement (au cas par cas) et l’infanticide


Le sens de « tuer » est à prendre au sens large ; il vaut aussi bien pour le meurtre d’un enfant déjà né, que pour un fœtus.
En effet, l’islam, considère que le fœtus est un être qui vit, car il a été insufflé du souffle divin, appelé communément l’âme, et seul Allah peut disposer des âmes.

Dans les cinq piliers de l’islam, cheikh Sadek Mohammed Charef nous livre l’explication suivante : « Ni le père ni la mère n’ont le droit d’attenter à la vie du fœtus, c’est pour cela que l’avortement provoqué est interdit en islam, excepté dans les cas de nécessité impérieuse, lorsqu’il est prouvé par exemple que la vie de la mère et en réel danger si l’on ne met pas fin à la grossesse."

Dans un certain nombre de Hadiths authentiques (traditions de faits, gestes et paroles du prophète Mohammed) où sont détaillés les différentes étapes du développement embryonnaire, le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) affirme que l'âme est insufflée ("nafkh our roûh") dans le fœtus au terme du quatrième mois de grossesse (120 jours).
C'est justement en raison de ce genre de Hadiths que les savants musulmans considèrent unanimement que, passé la limite de quatre mois (120 jours), l'avortement est strictement interdit. Avorter dans un tel cas de figure est considéré comme étant un acte d'infanticide et est assimilé à un crime en Islam. Cependant, si le fait de conserver ce fœtus met la vie de la mère en danger, et qu'il ne soit pas possible de la sauver sans le retirer, dans ce cas, certains oulémas affirment que l'avortement est toléré, même si la vie a déjà été insufflée, en vertu de la règle en Islam, qui veut que, lorsqu'on est obligé de choisir entre deux maux, on doit opter pour le moindre des deux. Dans ce cas précis, il est évident que la mort de la mère est une perte beaucoup plus grande que celle du fœtus. Qui de plus est, la vie de la mère est une réalité, alors que la naissance du futur enfant n'est encore, à ce stade, qu'espérée... (Réf: "Fatâwa Mou'âsirah" - Volume 2 / Page 547; il est à noter que certains savants ont interdit l'avortement même dans ce cas... C'est ce qui est mentionné dans les références hanafites suivantes: "Al Bahr oul Râïq" - Volume 8 / Page 233 et "Fatâwa Qâdhi Khân" - Volume 4 / Page 385.)
 
Les raisons valables pour un avortement peuvent être de deux types:


  • Les facteurs qui sont en rapport avec le fœtus. Exemples: une malformation décelée du fœtus; la présence chez lui d'une déficience importante; le fort risque qu'il soit atteint par une maladie génétique grave héritée des parents. Néanmoins, dans ce genre de cas, la décision éventuelle d'une interruption de grossesse devra être basée sur un diagnostic médical fiable et digne de confiance, et non pas sur de simples suppositions...
  • Les facteurs qui sont en rapport avec la mère. Exemples: la présence du fœtus met en danger la vie ou la santé mentale de la future mère; la femme étant handicapée physiquement ou mentalement, elle ne pourra pas élever correctement un éventuel enfant, et il n'y a personne non plus de sa famille pour le faire à sa place; la femme est tombée enceinte à la suite d'un viol et elle ne désire pas garder cet enfant. (Réf: "Al Halâl wal Harâm" de Cheikh Khâlid Sayfoullâh - Pages 309 / 310

L’enfant : «la parure de ce bas-monde»

L'Islam considère que les enfants qu'ils soient des filles ou des garçons sont des richesses de la part de Dieu ainsi qu'un don de Dieu dont il faut prendre le plus grand soin. C'est pour cette raison que Dieu interdit aussi l'infanticide ou l'avortement. Il est du devoir des parents d'avoir une bonne conduite envers les enfants. C'est grâce à l'exemple de l'interdiction de meurtre d'enfant que l'on comprend que comme n'importe quel don de Dieu, l'enfant doit aussi être bien traité.

Ainsi, Dieu nous dit que les enfants sont «des éléments de bonheur de ce bas-monde» C'est pour cette raison que le Coran allie très souvent le terme d'enfants à celui de richesses ou bien il l'assimile «à de choses excellentes»

«Allah vous a donné des épouses nées parmi vous, de vos épouses, Il vous a donné des enfants et des petits-enfants ; Il vous a accordé des choses excellentes...» [ Sourate 16 - Verset 72 ]


{ Les richesses et les enfants sont la parure de la vie de ce monde, mais les bonnes actions impérissables recevront une récompense meilleure auprès de ton Seigneur et elles suscitent un meilleur espoir }
[ Sourate 18 - Verset 4 ]

Ainsi, il est explicitement dit dans le Coran que les enfants ont une valeur particulière aux yeux de Dieu. C'est un don et une richesse de Sa part. Ses créatures doivent donc en prendre le plus grand soin.

Cependant, dans un autre verset, nous trouvons au sujet des enfants et de la famille:

{ Sachez que vos biens et vos enfants constituent pour vous une tentation, mais qu'une récompense sans limites se trouve auprès d'Allah } [ Sourate 8 - Verset 28 ]


Tout en signalant que les enfants et la famille sont une richesse et un don de la part de Dieu et qu'il faut en prendre le plus grand soin, en effet, Dieu dit qu'ils ne doivent cependant pas provoquer chez les parents un amour excessif qui pourraient leur faire aimer leurs enfants et leurs biens plus qu'Allah. Il faut toujours avoir à l'esprit de  remercier Dieu pour les biens qu'Il donne à ses créatures et leur valeur très précieuse mais ceci ne doit pas faire oublier Dieu.
C'est ainsi que l'on retrouve le juste milieu dans ces versets « Vos biens et vos enfants sont la parure de la vie de ce bas-monde» et « Vos biens et vos enfants constituent pour vous une tentation».
 Ces versets sont donc là pour signaler qu'il nous faut de trouver le juste milieu : dans le même temps que les êtres humains ressentent une certaine jouissance par rapport aux biens que Dieu leur donne, ils se doivent de le remercier et de ne pas l'oublier. Ne pas oublier que ces biens viennent de Dieu. Il faut savoir concilier le bonheur de ce bas-monde grâce aux biens que Dieu nous donne et ceci ne devrait pas nous faire oublier Dieu mais au contraire le remercier et le glorifier.
C'est dans un sens que les biens et enfants sont «la parure de ce bas-monde» et en tant que dons de Dieu, l'on se doit d'en prendre soin et il est tout à fait normal et même important d'en ressentir du bonheur car ceci indiquerait que l'on se rend compte de la bonté de Dieu et de sa générosité mais il ne faut pas oublier que ces dons viennent de Dieu et le remercier. Un bonheur trop excessif ou un amour trop excessif pour ses biens ou ses enfants pourraient nous faire oublier l'amour de Dieu. C'est le sens de «Les biens et les enfants constituent pour vous une tentation» Ainsi, une très grande corrélation existe entre le bonheur que l'on peut ressentir dans ce bas-monde et l'amour et le rappel de Dieu qui doit être permanent. Le bonheur ressenti (notamment grâce aux biens que Dieu donne ) doit nous permettre de remercier et de faire le rappel de Dieu de manière permanente et non de l'oublier. C'est ainsi que dans ses versets, Dieu met en évidence le juste milieu vis à vis des biens et des enfants.


Pourvoir aux besoins de l'enfant et de la famille

Avant de parler de l'éducation, il est un devoir pour les parents de bien traiter leurs enfants dans un premier temps, au niveau financier et matériel. Il est dans le Coran des versets qui font directement allusion à l'enfant. Ces versets énoncent les principes généraux de protection, d'assistance et de direction en vue d'assurer à l'être humain, un développement normal, la santé morale et physique, de pourvoir à ses besoins naturels, pendant son stade de faiblesse, d'incapacité de discernement. Le Coran indique donc qu'il est du devoir des parents de bien traiter son enfant lorsqu'il est dans ce stade de faiblesse.

{ Abraham dit : « Mon Seigneur ! Fais de cette cité un asile sûr. Préserve-nous, moi et mes enfants d'adorer les idoles} [ Sourate 14 - Verset 35 ]

{ Dis : Venez, et je dirai ce que votre Seigneur a interdit : Ne lui associez rien ; soyez bons envers vos parents ; ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. Nous vous accorderons votre subsistance avec la leur : éloignez-vous des péchés abominables, apparents ou cachés ; ne tuez personne injustement ; Allah vous l'a interdit } [ Sourate 6 - Verset 151 ]

{ Ne tuez point vos enfants par crainte de pauvreté ; Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. Leur meurtre serait une énorme faute. } [ Sourate 17 - Verset 31 ]

Il est aussi des versets dans le Coran qui fixent particulièrement les devoirs et les droits du père et de la mère, vis à vis de l'épouse enceinte et de celle qui allaite.

{Les mères qui veulent donner à leurs enfants un allaitement complet, les allaiteront deux années entières ). Le père doit assurer leur nourriture et leurs vêtements conformément à l'usage. Mais chacun n'est tenu à cela, que dans la mesure de ses moyens. La mère n'a pas à subir de dommage, à cause de son enfant, ni le père à cause de son enfant. Les mêmes obligations incombent à l'héritier. Si, d'un commun accord, les parents veulent sevrer leurs enfants, aucune faute ne leur sera reprochée. Si vous désirez mettre vos enfants en nourrice, aucune faute ne vous sera reprochées, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l'usage. Craignez Allah ! Sachez qu'Allah voit parfaitement ce que vous faites } [ Sourate 2 - Verset 233 ]


{Si elles (les femmes répudiées) sont enceintes, pourvoyez à leurs besoins jusqu'au moment de leur accouchement. Si elles allaitent l'enfant né de vous, versez-leur une pension. Mettez-vous d'accord sur ce point d'une manière convenable ; mais si vous rencontrez des difficultés, prenez une nourrice pour l'enfant ...}[ Sourate 65 - Verset 6 ]

Ainsi, ces versets montrent clairement que l'enfant doit être pris en charge de manière correcte.

En parallèle, en Islam, il ne s'agit pas seulement d'éduquer son enfant mais avant tout, il faut aussi bien traiter son enfant.. Une éducation correcte quand l'enfant commence à grandir relève d'une certaine solidarité et entente dans la famille. La manière dont on traite un enfant, l'entente qui existe au sein de la famille permettra à l'enfant d'avoir une bonne éducation. C'est pour cela que nous parlons d'abord de la manière dont l'enfant doit être traité en Islam avant l'éducation en soi mais les deux sont liés et le lien entre les deux est très important.

Bien traiter son enfant pour bien l'éduquer.

Les parties qui viennent d'être évoquées montrent clairement que le Coran a donné une place particulière à l'enfant, il est clair qu'il est du devoir des parents de bien le traiter. C'est ce que les versets précédents ont montré. Une démonstration affective, une entente et une solidarité dans le couple et la famille reste très importante pour renforcer la psychologie de l'enfant.
Tout comme le Coran, le prophète a su donner énormément d'amour à ses enfants et à ses proches. Bien traiter son enfant en Islam est très important pour l'éducation que l'on lui donnera mais c'est aussi une certaine forme de remerciement quant à ce que Dieu a donné à ses créatures. Ainsi, bien traiter son enfant en Islam résulterait d'un effort «jihad», c'est prendre soin de ce que Dieu nous a confié tout comme n'importe quel bien que le musulman doit utiliser de la plus belle manière. L' objectif est donc de démontrer, non pas qu’il faille au bonheur de l’enfant une quantité non négligeable d’attention, d’affection et d’amour, car cela est un fait établi, mais que l’islam partage largement ce point de vue, et qu’il dénonce l’indifférence, la négligence ou le manque de sentiment vis à vis des enfants, en général.


Une démonstration affective.

La pensée islamique établit un fondement qu’elle rend légitime bien qu’évident, en ce qui concerne l’enfant : ce dernier qu’il soit fille ou garçon, est en droit de recevoir de l’amour, de l’affection de la part de son entourage pour que son épanouissement soit effectif.

1) Importance de la démonstration d’amour et d’affection

Beaucoup de hadith abondent pour finalement souligner quelques faits témoignant de la vie de l’époque ; les Arabes n’étaient pas de « grands sentimentaux », puisqu’ils se cachaient de l’affection qu’ils pouvaient éprouver vis à vis de leurs enfants, et s’étonnaient ouvertement des élans d’attention et d’amour que le Prophète Mohamed manifestait à l’égard de ses enfants, en particulier, et des enfants, en général.
En voici quelques exemples pour le moins évocateur :
Abou Houreïra a dit :
« L’Envoyé de Dieu embrassait El Hassan ben ‘Ali (son petit-fils), en la présence de El Aqra ben H’abis et Tamimi qui étaient là assis. Ce dernier observa alors : « Certes, j’ai dix enfants, et je n’en ais jamais embrassé un seul. » Là dessus, Le très saint Prophète le regarda, puis dit : « Qui n’est pas compatissant ne sera pas traité avec compassion » [ Rapporté par El Bokhari ]
La mère des Croyants, Aïcha raconta :
" Un jour, un bédouin vint trouver le Prophète et lui dit : « Vous embrassez vos enfants ? » Le Prophète répondit : « Que puis-je pour toi, si Dieu a ôté de ton cœur la tendresse ! » [ Rapporté par El Bokhari ]

« Tabit rapporte, d’après Anas, que le Prophète prit Ibrahim *, l’embrassa et le caressa."
*Note : A Médine, le Prophète a eu un fils, Ibrahim, qui mourut avant l’âge de deux ans.

« Abou Qatada a dit :
« Le Prophète vint vers nous, portant sur son épaule Omama bent Aboul’l-As. Il fit la prière et chaque fois qu’il se prosternait il déposait l’enfant à terre et la reprenait chaque fois qu’il se relevait » [ Rapporté par El Bokhari ]
« Ibn Abou-N’om a dit :
« (…) J’ai entendu le Prophète dire que (ses) enfants étaient ses deux joies (*) dans ce monde » [ (*) traduction originale : « mes deux plantes parfumées » ]


Osama ben Zeid rapporte ceci :
« L’envoyé de Dieu me prenait sur l’un de ses genoux et faisait asseoir El Hassan sur l’autre ; puis il nous pressait contre lui en disant : « O mon Dieu ! Sois-leur bienveillant car je les aime beaucoup. »
Enfin, rapportons ce dernier hadith, qui met en exergue une relation éducative centrée sur le jeu : Abd Allah Ibn Al Harith a raconté :

" Le Messager de Dieu faisait s’aligner Abd Allah et Khathir, les fils de Abas, et leur disait : « Celui qui arrivera à moi le premier aura ceci et cela ! » Il accouraient vers lui et se jetaient sur son dos et sa poitrine, et lui, ils les embrassait et les serrait contre lui » [ Rapporté par Hanbal ]

2) Importance de la bienveillance

Il est important de manifester de l'intérêt à son enfant, tant pour leur éducation, en le soignant, que pour leur personne, qui reste non moins importante du fait de leur petit âge.

Le Prophète lui-même a dit :

« Honorez vos enfants et soignez bien leur éducation ! »

Ici le terme a une double signification : on peut avant tout lui donner les synonymes tels que « respectez » ou « valorisez.

L’islam considère l’enfant au même titre que l’adulte, quand il s’agit du respect à lui accorder. Ce point de vue part du principe que l’enfant est sensible et réceptif à l’attention qu’on lui accorde, aux avis qu’on lui demande, le négliger serait faire preuve d’indifférence à son égard, et reconnaître implicitement son non-existence, alors que le saluer, communiquer avec lui, lui fait prendre conscience qu’il est une personne digne de respect, à part entière.
D’autre part, on peut supposer qu’une action provoque une réaction, dans le sens où donner de la considération à l’enfant suppose indéniablement qu’en retour il respecte ses aînés, c’est ici même que l’on retrouve le principe de l’exemple.
Des hadith nous montrent qu’à l’époque, le Prophète Mohamed n’hésitait pas à traverser la rue, expressément pour aller saluer des enfants :
« Tabit El Bonani rapporte que Anas Ibn Malik passant auprès d’enfants les salua en disant que le Prophète agissait ainsi » [ Rapporté par El Bokhari ]

Dans un même registre, un autre récit nous est parvenu, évoquant le respect avec lequel le Prophète considérait les enfants :
Sahl Ibn S’ad a rapporté que l’on avait apporté à boire au Messager de Dieu , et qu’il avait alors bu. A sa droite, il y avait un enfant et, à sa gauche, des hommes âgés. Il avait alors demandé à l’enfant :
- Me permets-tu de servir ceux-là ?
A quoi l’enfant avait répondu :
- Oh ! Certes non, par Dieu ! Quand il s’agit de toi, je ne céderai ma priorité à personne !

Alors le Messager de Dieu lui avait remis la coupe en main »

 

3) Importance de l’équité dans la relation éducative

On pourrait dire que le principe d’équité représente le noyau dure de la pensée islamique, car il est le fondement même sur lequel repose la relation à l’autre, par conséquent « l’islam ordonne aux musulmans d’être justes et équitables en parole, en actes et en jugements.» (cité par Cheikh Sadek Mohammed Charaf.) Bien entendu, la relation éducative n’échappe pas à ce principe, et nous nous rattacherons à ces paroles prophétiques pour le confirmer :
« Les justes seront auprès d’Allah, sur des trônes de lumière. Ce sont les personnes équitables dans les jugements qu’ils rendent, qui sont impartiaux dans leur famille, et envers ceux qui dépendent d’eux » [ Rapporté par Moslem ]

L’islam a prescrit aussi la justice envers les enfants. Dans le hadith, on lit :
« Craignez Allah et soyez justes envers vos enfants. »

On peut également remarquer l’insistance avec laquelle s’est exprimé le Prophète Mohamed pour inciter à la pratique de l’équité ceux qui ont à leur charge l’éducation d’enfants (qu’ils soient parents, ou professeurs. )
« Soyez équitables envers vos enfants !
Soyez équitables envers vos enfants !
Soyez équitables envers vos enfants ! « 

Mais que signifie explicitement « Soyez équitables envers vos enfants ! » ?

 

Hassan Amdouni (auteur du livre «La famille musulmane» ) répond à cette question en disant :« Il s’agit d’être équitable en ce qui concerne l’affection qu’on leur porte, les cadeaux et les récompenses qu’on leur donne, le temps que l’on consacre à chacun, ainsi qu’en matière d’entretien (nourriture, vêtements…) »
L’auteur ajoute que : « Si les parents manquent d’équité envers leurs enfants et en favorisent certains au détriment d’autres, ils inspireront de la rancœur et de la jalousie dans le cœur des autres enfants, vis à vis de l’enfant (ou des enfants) pour lequel les parents montrent une préférence. »
D’une manière générale, nous pouvons affirmer qu’un enfant négligé affectivement se sent dévalorisé et ne peut développer sa personnalité harmonieusement.
A travers un récit connu sous le nom de « Joseph », Yousouf (sur lui la paix), le Coran fait également allusion aux répercussions néfastes issues de la préférence affectueuse d’un père pour ses plus jeunes fils au détriment des autres. C’est ainsi qu’il est dit dans la sourate Joseph :

"Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des exhortations pour ceux qui interrogent, quand ceux-ci dirent: «Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe bien fort . Notre père est vraiment dans un tort évident. Tuez Joseph ou bien éloignez-le dans n’importe quel pays, afin que le visage de votre père se tourne exclusivement vers vous, et que vous soyez après cela des gens de bien "
[ Sourate 12 - Verset 7 à 9 ]

D'après la conception islamique, la relation éducative est inscrite sous les principes de respect et d’affection en vue de son épanouissement.
Toujours d’après la pensée islamique, ces principes de respect et d’affection doivent être appliqués dès la conception de l’enfant, et doivent se poursuivre lors de sa naissance ; maintes règles de bienséance sont exhortées pour sa venue au monde, pour sa nomination, visant à le valoriser. Dans cet esprit, les textes saints soulignent également l’importance des bonnes relations qui doivent être établies particulièrement avec les enfant-filles et les orphelins.
Ainsi, l'on peut évoquer le cadre familial en soulignant qu’en terme d’épanouissement de l’enfant, on retrouve dans les textes une exhortation à la bonne entente dans le couple, car c’est à travers lui que l’enfant s’identifiera.

La discipline

Pour ce qui concerne la discipline, l’islam y met un point d’honneur ; son but est de modeler l’âme de l’enfant pour qu’il se soumette aux préceptes divins dès le bas-âge. En effet, en obéissant à ces préceptes, via ses parents, sa vie individuelle, sa vie sociale, ainsi que sa vie religieuse seront menées à bien.
Ceci explique la fermeté avec laquelle la discipline doit être établie, mais on recommande également la douceur, l’indulgence, l’amour, la bienveillance et l’équité à l’égard de l’enfant ; En guise de transition, rapportons seulement ces quelques paroles de notre bien aimé Prophète Mohamed :
« N’est point un de nous celui qui n’a pas pitié des petits parmi nous, et qui n’a pas d’égards pour les plus âgés parmi nous » [ Rapporté par Abou Daoud ]
« Celui qui ne respecte pas les droits de nos vieillards, qui n’est pas bienveillant envers nos enfants, et qui ignore nos savants, nous ne le reconnaissons pas comme l’un des nôtres. »




Harmonie familiale : source de l’équilibre psychologique de l’enfant

1) Un principe élémentaire : l’entente du couple


En nous penchant sur les textes saints de la religion musulmane, on remarque l'abondance des hadith et des versets coraniques régissant les relations dans le couple et incitant donc, à la bonne entente, et à l'harmonie familiale. C'est en effet, de cette harmonie familiale que dépendra l'équilibre psychologique de l'enfant. Ainsi si une incompatibilité profonde se manifestait entre le père et la mère de l'enfant, ce dernier s'en trouverait atteint, et pour cause, il est le témoin direct visuel et affectif des bonnes ou des mauvaises relations qu'entretiennent ses parents. En définitive, il est un devoir des parents musulmans de s'accorder mutuellement, et d'introduire l'affection et la sérénité dans le cercle familial, et il est un droit de l'enfant de ressentir cette paix extérieure et de l'intérioriser. Le Coran se prononce ainsi :

{ C'est un des signes divins que de vous avoir donné des compagnes tirées de vous-mêmes, pour que vous éprouviez la paix auprès d'elles, et d'avoir établi entre vous affection et tendresse } [Sourate 30 - Verset 21 ]
Sous cette même optique, l'islam permet le divorce (après maintes tentatives de réconciliations établies clairement par le Coran), mais déclare à travers le Prophète : " De toutes les choses qu'Il a permises, il n'y en a pas de plus détestée pour Allah que le divorce " Car ceci représente, bien évidemment, un échec pour le couple, et une atteinte psychologique pour les enfants.
Comment les textes saints ont-ils instauré cette entente ?
Et bien, en définissant les responsabilités de chacun des membres du couple à travers des règles bien précises : et selon la pensée islamique, toutes ces règles sont absolues et immuables, car émanant d'Allah .
Elles ne peuvent en conséquence, ni être remises en question, ni être contestées par l'une ou l'autre partie, chacun devra s'y soumettre en toute bonne foi, pour que règne justement cette harmonie familiale. Voici un échantillon de ces règles selon les textes. Le Prophète a mentionné à chacun ses droits en disant :
" Vous avez des droits sur vos femmes et elles ont les leurs sur vous. Quelques-uns de ces droits sont communs, d'autres sont particuliers à chacun d'eux. "

Parmi ces droits communs, on citera la fidélité, la sincérité, l'amour, la confiance réciproque (...) les civilités usuelles, qui comprennent la sérénité du visage, la douce parole, la bienveillance, le respect.
" L'union conjugale ne fait que consolider et affermir la fraternité basée sur la foi. Chacun des deux époux considère l'autre comme une partie de lui-même " souligne Abou Baker Jaber Al Djazaïri.
Hassan Amdouni ajoute " qu'homme et femme ont donc une même responsabilité en matière de piété ; mais Allah les a crées complémentaires : chacun a sur cette terre, des tâches et des responsabilités prioritaires spécifiques, ce qui n'exclut nullement qu'ils s'entraident ! Lorsqu'ils s'entraident, lorsqu'ils forment un vrai couple, chacun représente pour l'autre protection, chaleur et intimité". On peu lire dans le Coran :


{ Elles représentent pour vous un vêtement, et vous en êtes un pour elle (...) } [ Sourate 2 - Verset 187 ]
Dans leur démarche d'entente selon la Loi d'Allah , qui se traduira dans leur comportement, leurs paroles, et leurs gestes, "les membres du couple doivent se recommander les actes jugés licites, et banniront l'interdit, le blâmable" .
{ Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage.} [ Sourate 9, verset 71 ]

Ceci aura nécessairement pour effet d'éveiller l'esprit de l'enfant, qui s'imprégnera inconsciemment de toutes ces valeurs et qui les fera siennes ; valeurs qui seront naturellement renforcées par une éducation explicite et orale des parents ; c'est donc à ce niveau que s'établissent l'exemplarité et la transmissions des repères dans la relation éducative.


2) Exemplarité et transmissions des repères


L'harmonie familiale selon la pensée islamique se traduit aussi par une cohérence absolue de la foi à la pratique, des paroles aux actes. Les parents sont, selon un hadith prophétique, les délégués du Prophète auprès de leurs enfants, leur rôle est donc d'être d'abord assidus à leurs pratique religieuse, qui dépasse le cercle spirituel, puisque cette pratique se retrouve également dans la vie temporelle. D'autre part, leurs actes doivent être conformes à leurs paroles, dans le sens où une parole qui ne se prolonge pas en fait réel, n'est pas convaincante, quant bien même elle serait vertueuse, et une parole contredite dans les faits est nullement exemplaire.
C'est de cette manière que l'exemplarité des parents trouve une résonance logique auprès des enfants, qui vont de toute façon intérioriser ces valeurs, et en faire des repères fiables pour évoluer et construire leur identité, et pour faire face à la vie extérieure ou sociale. Les parents modèlent donc le comportement de leurs enfants en même temps qu'ils sont un modèle pour eux.

Il y a donc intégration par l'enfant des valeurs et des pratiques prônées et appliquées par les parents, celui-ci va d'abord naturellement calquer son comportement sur celui de ses parents, c'est la phase de l'imitation. Et c'est précisément à ce stade de développement de l'enfant, que les textes recommandent aux parents d'apporter une attention particulière, car c'est en bas âge que l'enfant a une aptitude particulière à recevoir les bases de la religion, c'est aussi la phase du modelage de l'âme.
Cependant la construction de l'identité de l'enfant ne va pas se fonder uniquement sur une observation passive du comportement de ses proches, car lui aussi va agir, afin de s'éprouver à travers l'autorité parentale. Hassan Amdouni affirme que l'enfant "a de façon innée , le sentiment qu'il y a une différence entre le bien et le mal et, parfois, il tente des expériences, essayant par tel ou tel comportement de voir où se situe la limite entre les deux. C'est pourquoi la présence parentale est primordiale, afin de le guider et de le rassurer." Si, à ce moment-là, les adultes ne lui sont d'aucun secours et ne lui font pas respecter la frontière entre le comportement permis et celui qui ne l'est pas, l'enfant va devenir angoissé, ne sachant pas où se situent les limites ."
Ainsi, la foi se vit chez l'enfant d'abord par imitation avant de devenir un choix personnel, mais ce choix personnel doit être orienté de façon habile et intelligible par les parents ; ces derniers vont contribuer à nourrir le jugement de leur enfant par leur attention, leur affection, leur science (d'où l'importance accordée à toutes les formes de savoirs utiles dans la conception islamique) ce qui va nécessairement amener l'enfant sur la voie du respect de lui-même, de ses proches, des prophètes, qui constituent pour lui autant d'exemples, et bien sûr du respect de Dieu .

Conclusion:

Ainsi, c'est toujours dans un souci de bienveillance et de protection de ce que Dieu a donné à ses créatures que les parents ont pour premier devoir non seulement de bien les traiter mais aussi de les éduquer en leur inculquant la foi et le message de la religion musulmane.


Plume Blanche 98




Plume Blanche 98 est chroniqueuse , et conseillère en communication sur le site "ouktiasma"
Elle a aussi écrit :


Très prochainement la suite: L'éducation vue par l' Islam

Extrait: "L'objectif de cette partie est de faire un balayage global sur les positions qu'adopte la pensée islamique par rapport à l'éducation de l'enfant, et ceci à la lumière des textes saints (le Coran et les récits prophétiques ou Hadith.) Notre centre d'intérêt se situe donc dans l'examen des principes relationnels utilisés par le Prophète Mohamed pour éduquer sa communauté."




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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 17:34
- Par Faycal - Voir les 2 commentaires
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Employé d'une importante banque islamique, titulaire d'une licence en sciences commerciales et financières


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